Afghanistan : Trump redonne un vernis populiste à la stratégie militaire conventionnelle

Au cours de son premier discours au peuple américain en tant que Commander-in-Chief, le président américain Donald Trump a déclaré que son pays enverrait un nouveau contingent militaire en Afghanistan. « Mon instinct de départ était de nous retirer, et, d’habitude, j’aime suivre mes instincts. Mais tout au long de ma vie, j’ai entendu que les décisions étaient bien différentes quand vous étiez assis dans le Bureau ovale », a dit Trump, concédant ainsi qu’il avait changé d’avis.

Trump appelait depuis des années au retrait complet des troupes américaines en Afghanistan, mais il a finalement décidé d’écouter ses conseillers militaires, après des mois de délibération.

Le président américain ne veut plus instaurer les valeurs démocratiques en Afghanistan mais il veut « attaquer l’ennemi, détruire l’EI, écraser Al Qaïda, contrôler les talibans, et s’assurer qu’il n’y a aucune base à partir de laquelle il serait possible d’attaquer les États-Unis ».

On ignore le nombre de militaires qui seront envoyés

Le président a refusé d’indiquer les effectifs du nouveau contingent qui pourrait être envoyée, expliquant que la publication de ces informations ne pourrait être que contre-productive. Jeremy Bash, qui a travaillé pour le président Obama en tant que responsable de la CIA et du Pentagone, a témoigné peu de compréhension à l’égard de cette stratégie sur MSNBC :

« En Afghanistan, (…) nous faisons partie d’une coalition de 39 membres menée par l’OTAN. Il est inconcevable que nous déployions des troupes là-bas, que nous informions le gouvernement afghan du nombre d’hommes que nous allons envoyer, que nous informions les 39 autres nations de ce nombre (…), mais que nous ne le disions pas au peuple américain. »

Au sein de l’armée, on ressent peu d’enthousiasme pour cette nouvelle stratégie, mais aucun dirigeant militaire n’ose penser à un retrait total des militaires américains du pays.

Est-ce qu’une Hillary Clinton présidente ou un Marco Rubio président aurait tenu un autre discours ? Peut-être en termes de rhétorique et de cadrage, mais pas en termes de fond, affirme le blog de Washington Axios :

« Trump s’est mis du côté de l’establishment en matière de sécurité nationale cette nuit. C’était le langage du nationalisme populiste utilisé pour vendre une stratégie de sécurité nationale traditionnelle, de consensus ».

Bannon fait son retour

Or, les dernières semaines ont été marquées par un revirement de la part de Trump. À l’intérieur de la Maison-Blanche, une lutte interne opposait Stephen Bannon, qui représentait la base de l’électorat de Trump, et qui ne voulait rien savoir de la possibilité d’envoyer un nouveau contingent, contre un grand nombre de généraux dans l’entourage de Trump. Pendant longtemps, il semblait que c’était Bannon qui l’emportait, mais vendredi dernier, il a été remercié pour ses services et Trump a opté pour le consensus qui existait entre ses conseillers militaires.

Nous saurons bientôt si la base de Trump se sent trahie. Selon elle, le président a succombé au chant trompeur du globalisme. Breitbart, qui est à nouveau dirigé par Bannon, a qualifié cette décision de volte-face, et écrit que la stratégie militaire de Trump n’était rien de plus que la réalisation du 3e mandat d’Obama. L’animatrice de radio conservatrice influente Laura Ingram a twitté :

« Qui va payer pour ça ? Quelle est notre mesure du succès ? Nous n’avons pas gagné avec 100 000 soldats. Comment pouvons-nous gagner avec 4000 de plus ? ».

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