A propos de 6 des plus grandes banques du monde: ‘criminalité à grande échelle’ et ‘la manipulation faisait partie de leur culture d’entreprise’

Aux États-Unis, quatre des plus grandes banques du monde – JP Morgan, Barclays, Royal Bank of Scotland et Citigroup – ont plaidé coupable aux accusations de manipulation des marchés des changes, dans une affaire dont le FBI a estimé qu’elle relevait « d’une criminalité à grande échelle ».

Deux autres banques – UBS et Bank of America – se sont vues infliger de lourdes amendes, mais elles ne seront pas poursuivies. Huit traders de Barclays seront licenciés, mais une fois de plus, personne ne sera poursuivi à titre individuel.

Ces condamnations sont l’aboutissement d’une longue enquête qui a permis de mettre au jour les agissements d’une vingtaine d’employés de ces 6 banques, qui se qualifiaient eux-mêmes de « cartel ». Entre 2007 et 2013, ils se sont échangés des informations codées dans le cadre d’une « chat room » en ligne afin de gagner de l’argent sur le marché des changes.

L’amende cumulée s’élève à 5,6 milliards de dollars. Sur les marchés des changes, 5.300 milliards de dollars de titres sont négociés quotidiennement.

La Deutsche Bank a été épargnée pour le moment, mais elle risque aussi d’être condamnée ultérieurement à une amende bien plus élevée qui pourrait peut-être dépasser l’amende cumulée des six banques susmentionnées.

C’est aussi une première : les banques ont plaidé coupable, ce qui ouvre la porte à d’autres procédures et au possible départ de clients, commente Marc Fiorentino de MonFinancier.com.

Mark Taylor, le doyen de la Warwick Business School, qui siège également au Groupe consultatif de la Fair and Effective Markets Review de la Banque d’Angleterre, s’étonne que les dirigeants de ces banques n’aient pas été inquiétés :

C’est un énorme coup dur pour les banques, à la fois financièrement et pour leur réputation. Mais la question se pose de savoir pourquoi aucun CEO ou cadre supérieur de toutes ces banques n’a donné sa démission, alors que la taille de l’amende et les résultats de l’enquête montrent que la manipulation du FOREX faisait partie de leur culture d’entreprise. »

Au cours des 5 dernières années, les États-Unis ont infligé plus de 100 milliards de dollars d’amendes à différentes banques dans le cadre de nombreux scandales. Cela représente près de 2 fois le PIB de la Bulgarie.

Depuis la crise financière, les États-Unis se sont spécialisés dans le traitement rapide et efficace de ces affaires qui permettent au Trésor américain d’encaisser des recettes substantielles. Les banques paient ou doivent cesser toute exploitation aux États-Unis. Ou pire, elles ne peuvent plus travailler en dollars. Un chantage très efficace…

La Suisse, l’Allemagne, la Grande-Bretagne et de nombreux autres pays enquêtent aussi sur des affaires bancaires. Mais comme le montre le graphique ci-dessous, élaboré par The Economist, dans ce domaine, ce sont les Etats-Unis qui raflent l’essentiel du jackpot. Le reste du monde doit se contenter des miettes…

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