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A 11.000 mètres sous le niveau de la mer, un sous-marin a trouvé… des emballages en plastique et des bonbons

L’explorateur sous-marin Victor Vescovo vient de battre le record de plongée sous-marine dans la Fosse des Mariannes, au milieu de l’océan Pacifique. Cet ancien officier et investisseur fortuné américain est descendu seul, à l’aide d’un submersible, à une profondeur de 10.927 mètres. Toutefois, Vescovo est remonté à la surface du Challenger Deep, le point le plus profond jamais mesuré dans les océans, situé au sud de la Fosse des Mariannes, avec une triste nouvelle : des déchets plastiques jonchent le sol des abîmes de l’océan .

Victor Vescovo bat ainsi le record de plongée du réalisateur James Cameron. En 2012, Cameron avait atteint une profondeur de 10.916 mètres.

Contamination

« Vescovo s’est rendu là où aucun humain n’était allé auparavant », écrit Reis Thebault, rédacteur en chef du journal Washington Post. « Mais il s’avère que nos déchets ont déjà battu ce record ».

Lorsque le submersible de Victor Vescovo s’est posé sur le sol de la Fosse des Mariannes, il a provoqué un tourbillon de sédiments. L’explorateur a passé quatre heures dans les profondeurs. Alors qu’il étudiait les limites de cet autre monde et qu’il cartographiait un nouvel itinéraire pour les futurs chercheurs, Vescovo a a remarqué quelque chose de familier. Des déchets plastiques semblent également avoir contaminé le point le plus profond de la planète jamais observé.

Dans un premier temps, on a évoqué un sac en plastique et des emballages de bonbons. « Toutefois, ce n’est pas tout à fait correct selon les responsables », explique Reis Thebault. « Mais l’origine du produit n’a pas d’importance. Ce qui est important, c’est que cette découverte témoigne clairement de l’empreinte d’une espèce qui a pollué la planète comme aucune autre, d’un peuple précédé par ses déchets. »

Victor Vescovo a également observé la richesse de la vie au fond de l’océan. L’explorateur a découvert quatre nouvelles espèces d’animaux marins dont une sorte d’amphipode, un crustacé qui ressemble à une crevette. Ces espèces sont susceptibles de fournir de nouveaux indices sur les origines de la vie sur Terre.

« Mais au milieu de cette richesse naturelle, nous avons également découvert un produit fabriqué par l’homme qui va probablement tuer plus d’espèces que l’on en découvrira. J’ai été également très déçu de constater que la contamination humaine était présente au plus profond de l’océan« , a expliqué Victor Vescovo.

« Avec plus de sept milliards d’habitants, l’humanité aura un impact négatif majeur sur les océans », a déclaré Vescovo. « J’espère que nous pourrons au moins minimiser les dégâts à l’avenir »

« Five Deeps Expedition »

Le rapport de l’explorateur a amené Chelsea Clinton, vice-présidente de la Clinton Foundation, organisation active dans le nettoyage des océans, à se poser une question épineuse. « Un sous-marin découvre plusieurs nouvelles espèces et un sac en plastique à dix kilomètres de profondeur dans la Fosse des Mariannes. Combien de temps l’espèce survivra-t-elle s’il y a de en plus de sacs en plastique ? » , s’est interrogée Clinton sur Twitter.

Victor Vescovo a réalisé son voyage à bord du sous-marin The Limiting Factor. Cette plongée fait partie d’une odyssée historique au sein des profondeurs aquatiques du monde filmée pour Discovery Channel et baptisée « Five Deeps Expedition ».

La fosse de Porto Rico, la fosse des Sandwich du Sud dans l’océan Atlantique et la fosse de Java dans l’océan Indien ont déjà été explorées. Le prochain voyage aura lieu dans les profondeurs du Molloy dans l’océan Arctique, un fond marin inexploré jusqu’à présent.

Vescovo (53 ans) a fait fortune en tant qu’investisseur. Il est l’un des fondateurs d’Insight Equity Holdings.

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