62 décès par match

Si l’on devait débuter chacun des 64 matches qui seront joués au Qatar pour la Coupe du monde de football 2022 par une minute de silence pour chaque travailleur décédé, il faudrait faire précéder chaque match d’un silence de plus d’une heure.

C’est ce qui ressort d’un calcul effectué par le magazine espagnol El Pais Semanal. On estime que, en plus des 1.200 travailleurs qui sont déjà décédés (5 par semaine ou une par jour) sur les chantiers de construction des stades, 2.800 vont venir s’ajouter d’ici l’ouverture de la coupe du Monde.

Les conditions de travail dignes de l’esclavage des 1,5 millions d’Indiens, Malaisiens, Népalais, Philippins et d’autres nationalités ont été dénoncées par diverses ONG à plusieurs reprises, mais la FIFA et le comité d’organisation tergiversent pour mener des actions concrètes.

Ainsi, les gens qui partent au Qatar pour y travailler 60 à 70 heures par semaine dans des bâtiments surchauffés n’ont pas le droit de boire autant qu’ils le souhaiteraient, ni de critiquer leurs supérieurs, ou de poser des questions. La plupart du temps, leur passeport a été confisqué dans le cadre d’une pratique arabe nommée « Kafala », et ils ne peuvent donc changer d’employeur. Le soir, ils rejoignent des dortoirs surpeuplés, et doivent se contenter d’une nourriture de mauvaise qualité. Les accidents sont monnaie courante, et les travailleurs qui en sont les victimes risquent l’invalidité, quand ce n’est pas la mort.

Le magazine note que beaucoup de membres de la FIFA ont été discrédités parce qu’ils auraient reçu de l’argent qui pourrait provenir du Qatar, et que le monde entier est scandalisé par ce scandale. Mais le fait que la construction de l’infrastructure de la Coupe du Monde ait déjà coûté la vie à 1.200 personnes semble scandaliser beaucoup moins de gens.

C’est peut-être le député britannique Damian Collins qui a le mieux résumé la situation au Qatar. Après s’être rendu au Qatar, il a commenté : «Si McDonald’s traitait son bétail de la même manière que le Qatar traite les travailleurs, vous ne mangeriez plus leurs hamburgers ».

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