60% des grands herbivores pourraient disparaître à cause du réchauffement climatique

Quelles que soient les mesures prises par les politiciens lors de sommets contre le réchauffement climatique, une partie importante des espèces animales de la planète disparaîtra , écrit le journal espagnol El País.

Selon une étude américaine publiée dans la revue Science la semaine dernière, l’analyse de diverses études précédentes sur l’impact du réchauffement climatique sur la biodiversité montre que, dans le pire des cas, une espèce animale sur six est condamnée à disparaître. Meme si la débâcle affectera toutes les branches de l’arbre de la vie, elle se situera principalement en Amérique du Sud et en Océanie.  

Les derniers rapports du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) ont déterminé une série de scénarios pour la fin de ce siècle, contextes nommés trajectoires de concentration représentatives (RCP). Le destin final de chaque trajectoire est une concentration de dioxyde de carbone et une augmentation de la température associée. Selon cette étude, le scénario le plus optimiste est une hausse de la température globale de 2ºC (dit scénario RCP 2,6) d’ici à la fin du siècle présent. D’autres scénarios plus réalistes avancent une hausse du réchauffement global entre 3º et 4ºC, soit des scénarios RCP 6,0 et RCP 8,5.

Quel sera l’impact de cette augmentation sur les écosystèmes ?

Certaines espèces auront-elles la capacité de s’adapter au réchauffement ? Quels sont les êtres vivants les plus vulnérables ? Telles sont quelques-unes des questions auxquelles tentent de répondre biologistes et écologues depuis que l’on a commencé à parler de changement climatique à la fin du siècle dernier. Récemment, le biologiste de l’Université de Connecticut, Mark Urban, a compilé plus d’une centaine d’études sur la relation entre réchauffement climatique et extinction des espèces et les résultats sont loin d’être optimistes.

« Pour un scénario RCP 6,0, je chiffre le pourcentage d’extinction à 7,7% et pour un scénario RCP 8,5%, l’estimation grimpe à 15,7% d’extinction », explique Urban. Ces deux hypothèses sont celles qui sont le plus acceptées par les experts du climat. Cela signifie que dans le deuxième cas, une espèce animale sur six de la planète disparaîtrait. Toutefois, l’étude a estimé qu’avec seulement une hausse de seulement 2ºC, le risque d’extinction concernerait 5,2% des espèces. Actuellement, environ 2,8% des espèces sont menacées d’extinction à cause du changement climatique en cours.

Les effets du changement climatique ne sont pas toujours immédiats, explique Urban. Les risques d’extinction estimés sont des résultats sur le long terme au sujet d’espèces qui ne seront plus en mesure de trouver un habitat convenable, soit parce sa taille se réduit et qu’il ne peut donc plus supporter l’espèce, soit parce qu’il disparaît totalement.

Parallèlement, une autre étude récente a constaté que certains des animaux sauvages les plus importants de la planète étaient en baisse, scénario menaçant d’aboutir à un « paysage vide ». Selon ce travail, environ 60% des herbivores géants tels que les rhinocéros, éléphants et gorilles sont menacés d’extinction à cause du braconnage et la disparition de leur habitat.

« Ce processus de déclin des espèces créent ce que l’on nomme un paysage vide au sein des forêts, des savanes, des prairies et des déserts », a expliqué à la BBC William Ripple, professeur l’Oregon State University.

« Les grands carnivores comme les félins et les loups font face aux persécutions directes, à la chasse excessive et à la perte d’habitat mais notre étude ajoute un autre élément : le garde-manger vide », explique David Macdonald de l’Université d’Oxford. « Il est inutile d’avoir un habitat s’il n’y a rien à manger au sein de celui-ci », ajoute le chercheur.

Selon l’étude, le déclin est provoqué par plusieurs facteurs tels que la perte d’habitat, la chasse pour la viande et certaines parties du corps et la compétition pour la nourriture et les ressources avec le bétail. Ainsi, les rhinocéros pourraient disparaître d’Afrique dans 20 ans, concluent les chercheurs. 

 

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