Economie

« 50 % des comptes Facebook sont des faux »

... "Et Facebook le sait parfaitement"

Jeudi, les actions Facebook ont chuté après la publication d’un rapport affirmant que 50 % des utilisateurs du réseau social sont factices. 

Ce rapport a été publié par PlainSite, un centre de recherche indépendant dirigé par Aaron Greenspan. Ce dernier n’est pas n’importe qui : il était étudiant à Harvard à l’époque où Mark Zuckerberg, l’actuel CEO et fondateur du plus gros réseau social du monde, s’y trouvait lui-même. En 2004, il avait affirmé qu’il reconnaissait en Facebook certaines caractéirsitiques du portail qu’ils avait conçu lui-même, et en avait conclu que Mark Zuckerberg avait copié sur son travail. En 2009, les deux hommes avaient réglé ce différend à l’amiable.

« 50 % de faux utilisateurs sur les 2 milliards de comptes Facebook »

Selon les conclusions de son étude de 70 pages, publiée sur son site, près de 50 % des utilisateurs de Facebook sont en fait factices : « Facebook a menti au public concernant l’ampleur de son problème avec les faux comptes, qui excèdent probablement 50 % de son réseau. Ses statistiques officielles, dont il a cessé de publié plusieurs d’entre elles au plan trimestriel, sont contradictoires et même ridicules. La société a perdu le contrôle de son propre produit », peut-on y lire.

PlainSite est un projet émanant de la Think Computer Corporation et la Think Computer Foundation, qui s’est donné pour objectif de rendre « les données accessibles au public gratuitement » et à « permettre aux citoyens ordinaires d’influencer le processus législatif.

« Facebook ment délibérément à ses clients annonceurs pour gonfler ses factures »

Selon cette organisation, Facebook ment délibérément à ses clients annonceurs à propos de ces faux-comptes, et ses clients seraient fondés à lui réclamer des milliards de dollars au titre du préjudice subi.

En effet, ces annonceurs croient que la base d’utilisateurs susceptibles de voir leurs publicités se compose de 2 milliards de véritables êtres humains, alors qu’en réalité, un grand nombre de ces utilisateurs sont des bots, des faux-comptes, qui simulent une activité sur des comptes Facebook artificiels (comme on peut le voir dans la vidéo ci-dessous, qui montre comment fonctionne une « ferme à clics », dans laquelle des centaines de smartphones sont programmés pour cliquer sur des pages internet, « liker » des contenus Facebook, ou exécuter d’autres actions qui simulent l’activité d’un internaute) . Autrement dit, le réseau social surestime de façon importante l’efficacité avec laquelle son média touche son public.

Ces faux comptes cliquent sur la publicité au hasard, ou « likent » des pages, pour tromper les algorithmes dédiés à leur détection. En effet, les faux comptes semblent réels lorsqu’ils ont un comportement erratique. Les annonceurs sont donc dupés, compte tenu que leurs activités ne touchent pas autant d’êtres humains qu’on le leur prétend. De son côté, Facebook, qui peut invoquer les visionnages de publicités,  leur facture ces visionnages factices.

« Le CEO Mark Zuckerberg a compris au fil du temps que la croissance à tout prix est sa seule priorité. Mais des documents récemment révélés montrent que depuis 2012, l’équipe managériale s’inquiète de savoir où elle peut trouver de véritables êtres humains qu pourraient s’inscrire. De faux comptes ont maintenu à flot la firme que le professeur Tim Wu, de Columbia, a qualifiée de « marchande d’attention », indique le rapport.

Selon PlainSite, cela laisse à penser que le réseau social est voué à subir le même sort qu’AOL, CompuServe et Prodigy, des sociétés de l’internet qui se sont hissées au sommet de leur secteur à un moment donné, avant de connaître le déclin. 

Des faux comptes nuisibles pour les « vrais » utilisateurs de Facebook

De plus, ces faux comptes ont souvent pour objectif principal de dissimuler des escroqueries, de diffuser des infox, de pratiquer du phishing, autrement dit, de tromper les utilisateurs réels. Souvent, ils peuvent même impliquer des gouvernements : on sait que des pays comme la Russie, la Corée du Nord, ou même l’Iran, par exemple, ont mis sur pied des « fermes à trolls » qui se livrent à ce type de pratiques.

A la suite de la publication de ce rapport, les actions Facebook se sont dépréciées, et à la fin de la journée, elles avaient perdu 1,2 %.

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