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Google envisage de faire tomber des médias russes aux oubliettes de l'Internet

Eric Schmidt, le directeur d'Alphabet, a annoncé que Google et d'autres entreprises du secteur des technologies devaient agir contre les agences de presse étatiques afin d'empêcher la propagation de fausses informations.  

Schmidt, directeur général de la société mère de Google, Alphabet, a déclaré que le moteur de recherche s'apprêtait à prendre des mesures contre les agences de presse russes gérées par l'Etat, notamment Russia Today et Sputnik, organes accusés de propagande par les agences de renseignement américaines.

"Nous travaillons à la détection de ce type de scénario et au déclassement de ce type de sites", a expliqué Schmidt. "Il s'agit principalement de RT et de Sputnik. Nous en sommes bien conscients et nous tentons de concevoir des systèmes pour prévenir cela."

Critiques

Google a été l'objet de critiques pour avoir fait la promotion des deux sites d'informations en les incluant dans son service Google Actualités, liste organisée de sites d'informations légitimes, ainsi que dans d'autres services algorithmiques qui sélectionnent et promeuvent l'actualité.

Schmidt a qualifié de naïve l'approche antérieure de l'industrie de la technologie en matière de désinformation. “

"Il y a dix ans, je pensais que tout le monde serait capable de se servir d'Internet car Internet, comme nous le savions tous, est plein de mensonges tout comme de vérités. Mais en fonction des données, à partir de ce que nous avons vu en Russie en 2016 et avec d'autres acteurs du monde entier, nous nous devons d'agir."

Selon Schmidt, la stratégie de désinformation russe est facile à combattre car elle repose sur une amplification répétitive, exploitante, fausse ou susceptible d'avoir été transformée en arme d'un message d'information. “A mon avis, ces tendances peuvent être détectées, supprimées ou dépriorisées", a-t-il déclaré.

Toutefois, Schmidt a expliqué qu'il n'irait pas jusqu'à interdire les deux sites d'informations. "Nous ne voulons pas interdire ces sites. Ce n'est pas ainsi que nous fonctionnons. Je ne suis pas du tout en faveur de la censure. Par contre, je suis favorable au déclassement et c'est ce que nous faisons.

Russia Today

La rédactrice en chef de Russia Today, Margarita Simonyan, a publié une déclaration dans laquelle elle explique que le système de contrôle interne de Google avait montré que Russia Today n'avait enfreint aucune règle.

"M. Schmidt devrait utiliser Google. Ses collègues ont admis il y a trois semaines que Russia Today ne violait aucune règle de leur plate-forme."

En début de semaine, une enquête du quotidien britannique The Guardian a montré l'ampleur de la pénétration russe dans les médias britanniques. A au moins 80 reprises, des sites d'actualités tels que The Telegraph, Metro et Buzzfeed ont cité des tweets rédigés par une armée notoire de trolls basée à Saint-Pétersbourg.

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