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© EPA-EFE/Antonio Pedro Santos

Economie

Quel est le rôle des syndicats à l'ère de l'automatisation ?

Pour les syndicats, l'automatisation est à la fois une opportunité et une menace, écrit Sarah O'Connor, dans le journal économique britannique Financial Times.  

Selon la journaliste, l'automatisation est un sujet brûlant parmi les syndicats et à juste titre. De nombreuses études indiquent que les nouvelles avancées en matière de robotique et d'intelligence artificielle automatiseront ou modifieront une quantité importante d'emplois au cours des prochaines décennies.

Ces prévisions varient énormément quant à l'ampleur de l'impact de l'automatisation, explique O'Connor. "Toutefois, il n'est plus possible d'ignorer les changements que les syndicalistes commencent déjà à observer dans les ateliers", écrit-elle.

Lutte

Nous assisterons à une lutte qui profitera aux patrons ou aux travailleurs, explique la journaliste. "Mais l'automatisation pourrait être également une opportunité pour les syndicats. Après des décennies de déclin du nombre de membres parmi les syndicats dans les pays développés, l'automatisation pourrait être l'occasion de recruter de nouveaux membres et de démontrer la valeur des syndicats à la prochaine génération."

L'automatisation ne constitue pas un nouveau défi pour le mouvement syndical. Il s'agissait d'un sujet important dans les années 50 lorsque l'on évoquait l'apparition des premiers ordinateurs électroniques.

Dans une brochure publiée en 1956, le syndicat britannique Trade Union Congress (TUC) a adopté une approche résolument optimiste à ce sujet. "L'automatisation offre la perspective d'une rémunération plus élevée, de plus de loisirs et d'un travail plus sain et moins exigeant", affirmait le TUC. Cependant, l'organisation avait souligné que les syndicats devraient veiller à ce que les avantages d'une productivité accrue soient également partagés avec les travailleurs.

"Ces prescriptions de 1956 ressemblent fortement à celles avancées par de nombreux syndicats en 2018", écrit O'Connor.

"À mesure que les nouvelles technologies se développent, tout le monde devrait s’enrichir", a déclaré Frances O’Grady, secrétaire générale du TUC, dans son discours au Congrès des syndicats cette année. "Nous exigeons des actions équitables. Cela veut dire des salaires plus élevés, moins d'heures de travail et plus de temps avec nos proches."

"Au 19ème siècle, les syndicats ont lutté pour la journée de huit heures. Au 20ème, nous avons obtenu le droit à un weekend de deux jours et à des congés payés. Alors, pour le 21ème siècle, ayons à nouveau d'autres ambitions. Je pense que durant ce siècle, nous devons obtenir la semaine de travail de quatre jours et un salaire décent pour tout le monde."

Suède

En Allemagne, le syndicat IG Metall est parvenu à conclure un nouvel accord donnant aux employés la possibilité de réduire la semaine de travail de 35 à 28 heures, tout en conservant le droit de reprendre ultérieurement des heures de travail plus longues. IG Metall a qualifié l'accord de "jalon sur la voie menant à un monde du travail moderne et autodéterminé."

En Suède, les employeurs et les syndicats offrent un soutien intensif et une reconversion professionnelle aux travailleurs licenciés. Le système semble fonctionner, précise Sarah O'Connor. Dans ce pays, environ 90% des travailleurs déplacés sont réembauchés au bout d'un an, contre environ 30% en France et au Portugal, selon des données de l'OCDE. Les employeurs suédois estiment que le système en vaut la peine car les travailleurs et les syndicats sont moins réticents aux licenciements nécessaires, ce qui permet à l'économie de se développer plus facilement au fil du temps.

"Les syndicats avec un nombre élevé de membres et des relations constructives avec les employeurs tels que ceux des pays scandinaves sont ceux qui ont le plus confiance dans les avantages de l'automatisation pour les travailleurs", affirme O'Connor. "Les Français ont cependant une vision beaucoup plus sombre."

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