Christine Lagarde, la présidente du Fonds Monétare International

© Getty Images

Economie

Lagarde (FMI): "Trump a raison sur bien des points"

Christine Lagarde, présidente du Fonds monétaire international (FMI), a déclaré dans une interview accordée au journal économique français Les Echos qu'elle s'inquiétait de l'évolution politique dans le monde. 

'50 nuances de brun'

En 2017, le nombre de régimes démocratiques dans le monde a diminué pour la première fois. Lagarde trouve alarmante la percée des régimes populistes et autoritaires. Elle a évoqué une déclaration de Nathalie Loiseau, ministre française des Affaires européennes. Cette dernière a récemment dit que l'on était "en train de jouer 50 nuances de brun", en faisant référence à l'Europe. Lagarde est moins inquiète pour l'économie mondiale, même si elle voit des problèmes structurels en ce qui concerne l'endettement mondial. Il représente aujourd'hui 220 % du PIB mondial, soit 60 % de plus qu'il y a 10 ans et un total de 182 000 milliards de dollars. En outre, 40 % des pays pauvres se trouvent dans une situation préoccupante en termes d’endettement.

Le monde n'a jamais été meilleur qu'aujourd'hui

Lagarde souligne que le monde n’a jamais été mieux loti qu’aujourd’hui : l’extrême pauvreté recule, les gens vivent plus longtemps et en meilleure santé, la mortalité infantile diminue et le nombre de démocraties dans le monde a nettement augmenté jusqu’en 2017. Néanmoins, le populisme est en augmentation et l'on constate la mise en place de régimes autoritaires, de gauche comme de droite.

Effondrement de la classe moyenne et inégalités croissantes

Selon la Française, c'est à l’effondrement de la classe moyenne et l’inégalité croissante des revenus, en particulier en Chine et aux États-Unis, mais aussi maintenant en Allemagne, qu'il faut attribuer cette tendance. Ces phénomènes entraînent à leur tour l'acceptation de théories simplistes et populistes, l'inquiétude suscitée par la mondialisation et la technologie, ainsi que la colère envers les élites qui ne sont pas punies pour les erreurs qui ont été commises. 

Lagarde pense que les élites savaient quelles mesures devaient être prises après la crise financière de 2008 : la régulation du secteur financier, la relance des économies, le refus du protectionnisme et le renforcement de la coopération. Mais encore aujourd'hui, ces mesures n'ont été que trop peu mises en oeuvre. La réglementation financière est à nouveau assouplie dans certains pays, soit-disant pour la simplifier.

Selon Lagarde, le populisme ne peut être stoppé qu'en soumettant la mondialisation à d'autres règles, en s'attaquant au problème du climat et en intégrant de manière consciente les minorités.

La présidente du FMI, Christine Lagarde, assise à côté du président américain Donald Trump

© EPA

Donald Trump a raison sur plusieurs points

"Sur plusieurs points, Donald Trump a raison", a déclaré la Française, "et il a de solides arguments dans sa confrontation avec Pékin". "Espérons que sa méthode repose sur une stratégie gagnant-gagnant permettant aux négociations d'avancer, la concurrence doit être "fair" ('respectueuse des droits') dans tous les domaines et je me réjouis que les autorités chinoises aient récemment annoncé leur volonté d'aborder tous les sujets !"

Lorsqu'on lui demande si l'effondrement de la zone euro est un scénario crédible, elle répond négativement. Selon la plus haute responsable du FMI, les Italiens tiennent à l'euro. Cependant, selon elle, le gouvernement italien sera contraint de tenir compte des réactions des marchés financiers, même s'il ne serait pas souhaitable de constater que la survie d'un régime politique dépend totalement de ces dernières.

Sur le même sujet :