Des passagers se déplacent dans un aéroport

© EPA

Economie

Ryanair : les 4 piliers du business-model low cost

Depuis le 1er novembre, les passagers de la compagnie aérienne low cost Ryanair ne sont plus autorisés à prendre leur "trolley" en tant que bagage à main, à moins de payer un supplément. Mais le business model réussi de la compagnie aérienne irlandaise repose sur bien plus que la monétisation des bagages à main.

Seuls les sacs à dos, les sacs à main ou les sacoches pour ordinateur portable de taille normale peuvent toujours être emportés gratuitement dans l'avion, sauf si les passagers paient un supplément pour un priority-ticket.

Ryanair n'est pas la seule compagnie aérienne low cost à avoir mis en œuvre cette mesure. Le concurrent polonais Wizz Air le fait également. Mais cela a déjà conduit à une suspension de la règle en Italie, sous l'impulsion de l'autorité de la concurrence locale. Dans notre pays, Test-Achats envisage de prendre des mesures similaires.

Le fait que les compagnies aériennes low cost recourent à de telles pratiques peut irriter, mais cela n'est pas si surprenant. Elles se livrent une concurrence meurtrière pour sortir avec le prix le moins élevé du moteur de recherche des comparateurs de prix et, par conséquent, seuls les prix du billet sont indiqués sur ces sites. Tous les autres extras (nourriture, boissons, siège, bagages, ...) viennent en supplément. Désormais, l'usage est devenu si courant que les compagnies aériennes traditionnelles font souvent de même.

Pourtant, les compagnies aériennes low cost restent moins chères que leurs concurrents traditionnels. Pourquoi ? Pour la simple raison que les compagnies à bas coûts, comme leur nom l'indique clairement, mettent tout en œuvre pour réduire les coûts au maximum.

Le succès du business-model de Ryanair repose sur quatre règles de base :

1. Tout, mais vraiment tout est facturé aux passagers


Encore une fois, les bagages, le bagage à main, les modifications sur votre billet, la nourriture et les boissons, le choix de la place lieu dans l'avion... A terme il faudra peut-être aussi payer la visite aux toilettes et un siège en position assise plutôt qu'en position debout. Des voix s'élèvent également pour que les gens paient en fonction de leur poids. Ce sont des choses que Michael O'Leary, le fondateur flamboyant de la compagnie (notre photo ci-dessous), a déjà annoncé à plusieurs reprises vouloir mettre en place, mais l'homme maîtrise comme personne d'autre l'art d'amener les journaux à faire de la publicité gratuite pour sa société.

Michael O'Leary, le CEO de Ryanair

© EPA

2. Les avions doivent rester le plus possible dans les airs

Plus un avion reste en rotation longtemps, plus il devient rentable et plus on peut baisser le prix du billet . Maintenant que le bagage à main est devenu payant, Ryanair espère également réduire le temps d’embarquement. Il y a en effet une logique derrière l'introduction de la règle. L'entreposage des bagages à main dans les espaces de rangement au dessus des sièges donne toujours lieu à des pertes de temps.

Des passagers encombrés de bagages se dirigent vers un avion de la compagnie Ryanair sur le tarmac

© EPA

3. N'utiliser qu'un seul type d'avion

Une société qui se limite à un seul type d'avion peut obtenir des rabais plus importants lors des négociations d'achat avec les avionneurs tels que Boeing ou Airbus, ce qui conduit à des billets moins chers.

Des avions de la compagnie Ryanair en stationnement sur le tarmac d'un aéroport

© EPA

Les pilotes de Ryanair sont encouragés à faire le plein avec le minimum absolu de kérosène avant le départ. Un réservoir plein alourdit l'avion, ce qui prolonge le temps de vol et augmente le coût du trajet. On remplit alors les réservoirs de kérosène pour transporter... du kérosène.

Un camion citerne vient ravitailler un avion de la compagnie Ryanair sur le tarmac d'un aéroport

© Flickr/ Craig Chew-Moulding

Sur le même sujet :