Le président turc Tayyip Recep Erdogan

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Politique

Les touristes allemands qui se rendent en Turquie feraient mieux de ne pas insulter Erdogan sur les réseaux sociaux

Le ministère des Affaires étrangères allemand a invité les nationaux qui envisagent de se rendre en Turquie de s'abstenir de critiquer le président turc Recep Tayyip Erdogan sur les réseaux sociaux. Il explique qu'un certain nombre de voyageurs allemands ont été arrêtés en Turquie après avoir posté des commentaires critiques à l'égard du gouvernement  turc sur les médias sociaux.

Après le coup d'Etat échoué de juillet 2016, le gouvernement turc a procédé à des milliers d'arrestations, y compris de citoyens dotés de la double nationalité germano-turque. Ces personnes étaient accusées de soutenir le religieux Fetullah Gülen, que les autorités turques accusent d'avoir orchestré ce coup d'Etat.

Le simple fait de "liker" un commentaire suffit dans certains cas 

Selon un message publié hier sur le site du ministère allemand des Affaires étrangères, un grand nombre de ces arrestations faisaient suite à la publication de commentaires critiques à l'égard du gouvernement du président turc Tayyip Recep Erdogan sur les réseaux sociaux. "Dans certains cas, le simple fait de 'liker' le commentaire d'une autre personne de cette nature était suffisant", précise le site, qui ajoute que même les commentaires formulés au sein de cercles privés peuvent attirer des ennuis : "Les commentaires non-publics sur les réseaux sociaux peuvent être retransmis aux autorités turques dans le cadre de dénonciations". 

Il rappelle que de tels actes peuvent être lourds de conséquences : "Une accusation d'insulte au président, ou de propagation de propagande terroriste expose leur auteur à plusieurs années d'emprisonnement".

L'état d'urgence a été levé en Turquie

Près de 3 millions de personnes d'origine turque vivent en Allemagne. Le pays a notamment accueilli des opposants au gouvernement d'Erdogan, qui s'y sont exilés après la tentative de coup d'Etat. 

L'état d'urgence qui avait été imposé en Turquie après ce dernier a finalement été levé au mois de juillet. Entretemps, plus de 100 000 fonctionnaires turcs ont été limogés dans le pays, et près de 70 000 personnes ont été arrêtées, des journaux, des chaînes de télévision ou des sites internet ont été suspendus en raison de leurs relations présumées avec Fetullah Gülen. 

Les binationaux d'autres pays sont également concernés

La menace d'une arrestation ne plane pas uniquement sur les binationaux germano-turcs. L'année dernière, le ministère des Affaires étrangères autrichien avait également mis en garde les citoyens dotés de la double nationalité turque et autrichienne, dont certains avaient été arrêtés à leur arrivée en Turquie.

De même, le journal suisse Le Matin a rapporté au mois de juillet que 7 personnes ayant la double nationalité turco-suisse étaient retenues en Turquie, tandis que plusieurs Turcs résidant en Suisse, qui s'étaient rendus en Turquie, ne pouvaient plus quitter le pays. Toutes ces personnes sont soupçonnées d'avoir des liens avec l'organisation de Fetullah Gülen.

Le journal précise que "le fait que la Turquie considère les binationaux uniquement comme des ressortissants turcs complique la protection consulaire."

Le Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) a également mis en garde les voyageurs suisses qui envisagent de se rendre en Turquie contre les risques de rétention qu'ils encourent potentiellement.  

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