2 touristes se promènent avec leur bagage à Barcelone

© Shutterstock

Travel & Food

A Barcelone, AirBnb apporte un revenu d'appoint de 84 500 euros... par jour

Dans certains sites touristiques tels que Barcelone, la plate-forme de location AirBnb recèle une activité de plusieurs millions de dollars qui contraste fortement avec la mission initiale de la société.

374 personnes sont propriétaires de la moitié des appartements loués à Barcelone via la plateforme AirBnb. C'est ce que montrent les chiffres de l'Office du tourisme de la ville de Barcelone que le Periodico de Catalunya a publiés sur son site Internet dimanche.

Les chiffres contrastent fortement avec les chiffres publiés par AirBnb elle-même. Selon Arnau Muñoz, directeur général d’AirBnb en Espagne et au Portugal, 80 % des propriétaires ne proposent qu’un seul appartement à la location.

En outre, seulement 34,8 % des personnes qui ont demandé une licence pour cette activité ne semblent l'avoir fait que pour un seul appartement. La plupart des personnes qui possèdent une telle licence ont au moins 5 appartements proposés. Le record est de 65 appartements pour un seul et même permis.

Un hôtel avec 59 000 chambres

En 2016, la bourgmestre de Barcelone, Ada Colau, avait ouvert les hostilités contre AirBnb après avoir constaté que l'afflux massif de touristes causait de graves dommages à l'industrie du tourisme. Sur les quelque 6 000 à 9 000 logements touristiques illégaux, 2 776 ont depuis été mis sous scellés. Mais le mal était déjà fait. Jusqu'à cette époque, tous ceux qui payaient 230 euros pouvaient obtenir cette licence et, 27 mois plus tard, on en recensait 9 611. En quelque sorte, Barcelone s'est dotée d'un hôtel de 59 000 chambres en un peu plus de deux ans.

374 personnes détiennent 5 licences ou plus, pour un total de 4 642 propriétés. Les dix plus grands propriétaires possèdent ensemble 996 appartements, ce qui leur permet de collecter jusqu'à 2,5 millions d'euros chaque mois. Les chiffres montrent que 48 % des propriétés louées via AirBnbs de la ville sont aux mains de 374 personnes. Derrière ces personnes se trouvent des investisseurs étrangers qui ont fait d’AirBnb à Barcelone un business model. Il ne s’agit nullement de particuliers qui souhaitent gagner de l’argent de poche, ce que AirBnb est trop heureux de clamer via les médias sociaux.

Un immeuble de Barcelone sur lequel une banderole clame

© Flickr/Amy

"Les propriétaires d'hôtels sont les plus gros investisseurs dans les appartements loués via AirBnb"

En outre, il y a le paradoxe des hôtels. Ils se sont battus pendant des mois contre la plate-forme AirBnb, jusqu'à ce qu'ils ne le fassent plus. Pourquoi les protestations du secteur hôtelier se sont-elles tues ? La  rumeur selon laquelle ils sont les plus gros investisseurs en appartements pour touristes, quant à elle, continue de se répandre.

Un revenu supplémentaire de 84 500 euros ... par jour

La location d'appartements dans la capitale catalane rapporte beaucoup d'argent. Les 10 premiers de ces «super-loueurs» gagnent jusqu'à 84 500 euros par jour, selon les  chiffres de DataHippo , une organisation qui répertorie toutes les «annonces» et offres de la ville, que la personne qui l'a publiée ait une licence ou pas. Cela contraste vivement avec les 72 000 euros d'impôts payés par AirBnb en 2017 en Espagne.

Un message qu'AirBnb n'a pas apprécié. Cette plate-forme aime donner l’impression que, grâce à ses services, les propriétaires peuvent mieux joindre les deux bouts. Et ces personnes existent sans aucun doute, mais les chiffres de l'office de tourisme sont ce qu'ils sont. La moitié de toutes les hébergements proposés en location appartiennent à 374 personnes dans une ville qui compte 1,6 million d'habitants, et qui accueille 14,5 millions de touristes par an, dont 7,6 millions passent au moins une nuit dans la ville.

Moins il y a de licences, plus elles ont de valeur

La ville de Barcelone a  suspendu l'émission de nouvelles licences jusqu'à nouvel ordre et les chances que de nouvelles licences soient émises à l'avenir sont pratiquement inexistantes. Une mesure bien accueillie par Apartur, l'association des propriétaires d'appartements pour touristes. La raison ? Les licences peuvent évidemment être revendues et moins il y en a, plus elles ont de valeur.

Sur le même sujet :