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© Victor Xok/Unsplash

Economie

Uber et Cie augmentent la mortalité sur les routes

Selon une nouvelle étude, les services de taxis alternatifs Uber et Lyft ne font pas qu'aggraver les embouteillages et les nuisances du transport en commun, ils sont partiellement responsables de la recrudescence du nombre de morts sur les routes.

Selon une étude de la Booth School de l'Université de Chicago, Uber et Lyft ont augmenté le nombre de décès sur les routes de 2 à 3% aux Etats-Unis, soit une hausse de 1.100 décès par an. Toutefois, bien que cette contribution à l'augmentation du nombre de morts sur les routes des Etats-Unis depuis 2011 soit faible, elle n'en est pas moins significative, ont expliqué les auteurs de l'étude.

Uber et Lyft ont tenté de se présenter comme des entreprises vertes soucieuses des inconvénients du transport urbain et capables de les résoudre, mais il s'avère qu'au contraire, elles aggravent les problèmes routiers.

Etudes précédentes

Cette nouvelle étude confirme les conclusions d'études antérieures selon lesquelles Uber et Lyft ont cannibalisé les trajets en transit et augmenté le temps de conduite. Les villes où l'adoption d'Uber et de Lyft est élevée totalisent en moyenne 3% de miles parcourus en plus par jour que les villes où l'adoption était faible. L'effet était encore plus marqué dans les grandes villes et les villes où le taux de fréquentation des transports en commun était élevé. Et plus de trajet signifie plus de morts.

"Nous ne pouvons pas simplement nous concentrer sur les avantages et ignorer les coûts", a déclaré l'auteur principal de l'étude John Barrios à Streetsblog.

Par rapport aux autres villes, les villes où l'utilisation d'Uber et de Lyft est importante ont enregistré plus de morts piétonnes, plus de morts dans la circulation nocturne, plus de morts dans la circulation le week-end et plus de morts dans la circulation en fonction des tendances prédites. Même les décès dus à la conduite sous emprise alcoolique restaient inchangés malgré la présence d'Uber et de Lyft.

Les villes où les activités Uber et Lyft sont élevées enregistrent 3% d’immatriculations de véhicules neufs en plus. Selon Barrios, Uber et Lyft pourraient décourager la possession d'une voiture par certains passagers à revenu élevé, mais les taxis basés sur des applications semblent inciter davantage les personnes à faible revenu qui travaillent comme chauffeurs à acheter une voiture.

Par ailleurs, Uber et Lyft augmentent les embouteillages parce que les conducteurs passent de 40 à 60% de leur temps à circuler sans passagers, phénomène nommé en anglais "deadheading" et en français comme "haut-le-pìed". Selon Barrios et son équipe, les politiques d'Uber et de Lyft aggravent ce problème.

"Les sociétés de covoiturage subventionnent souvent les conducteurs pour qu'ils restent sur la route, même lorsque l'utilisation est faible, afin de garantir la disponibilité rapide de l'offre", expliquent les auteurs.

De plus, les chauffeurs d'Uber et de Lyft reçoivent peu de formation et sont relativement inexpérimentés par rapport aux chauffeurs de taxi. En outre, les entreprises effectuent peu de contrôle de la qualité par rapport aux autres chauffeurs commerciaux.

Cette année, aux Etats-Unis, Uber a introduit la règle selon laquelle les conducteurs doivent prendre une pause de six heures après avoir conduit pendant 12 heures d'affilée, une norme beaucoup plus faible que celle requise pour la plupart des conducteurs de véhicules utilitaires.

Un porte-parole de Lyft a qualifié l'étude de "profondément défectueuse". "De nombreuses études ont montré que le covoiturage réduisait la conduite en état d'ivresse, offrait un moyen de transport sûr dans les zones mal desservies par d'autres services et améliorait considérablement la mobilité dans les villes."

Cependant, selon Barrios, ces études ne prenaient pas en compte le fait que les conduites en état d'ivresse avaient déjà commencé à décliner avant que les applications de téléphonie mobile ne soient introduites.

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