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Economie

Le gouvernement chinois: "50% des maisons doivent être démolies"

Au cours des dernières années, la Chine a connu une croissance importante. Toutefois, ce succès semble également s'accompagner d'un coût élevé, écrit l'économiste américain Christopher Balding dans une chronique pour l'agence de presse Bloomberg. Ce dernier se réfère au fait que le pays lance constamment d'importants travaux d'infrastructure, tandis que le marché chinois se caractérise également par des investissements énormes.

Selon Balding, les réseaux électriques, les routes et les ports étaient rudimentaires ou inexistants même il y a trois décennies, mais aujourd'hui, tout est nouveau. Selon l'économiste, le modèle de croissance chinois est par conséquent particulièrement coûteux.

Développement coûteux

"La Chine moderne se définit par la grandeur de sa vision", écrit Balding. "Le réseau de trains à grande vitesse connaît une expansion incessante, le pays cherche à avoir le bâtiment le plus élevé d'Asie, sans compter la dystopie technologique urbaine représentée par la surveillance totale.  Les chefs de partis et les technocrates subissent une pression constante pour apporter des améliorations matérielles sans fin. Les méga-projets et les travaux d’infrastructure servent de référence sur ce plan."

"Aux États-Unis, des aéroports tels que Los Angeles International ou JFK International ont déjà presque 80 ou 90 ans, tandis qu'en Chine, l'aéroport de Shenzhen Bao'on International n'a été construit qu'au début des années 90 et est devenu l’un des centres les plus actifs du monde. En 2013, il a en outre été complètement rénové "

"De tels travaux peuvent apporter une contribution importante au produit intérieur brut, mais cette stratégie représente un modèle de développement particulièrement coûteux", estime l'économiste américain. "Cette approche ne se limite pas aux infrastructures. C'est à peu près le même pour le secteur immobilier chinois."

Selon les estimations du gouvernement chinois, près de 50% du parc de logements actuel - ou de tout ce qui a été construit avant 1999 - est de si mauvaise qualité qu’il va falloir le démolir. "Encore une fois, ce n'est pas le bon modèle".

Dettes

"Des actifs tels que le logement et les aéroports sont conçus pour durer plus longtemps que 20 à 30 ans, ou leur coût devient prohibitif", souligne Balding.

"Même les villes reflètent les préférences sociales de la planification centrale chinoise. Les villes européennes chargées d'histoire insistent sur la préservation du passé et d'un caractère transmis de génération en génération.En Chine, d'un point de vue technocratique, il existe peu de restrictions à la démolition de bâtiments historiques et à la liquidation de champs pour la construction d'usines ou de voies ferrées et les contraintes budgétaires sont bloquées."

"Le gouvernement chinois considère le secteur de la construction comme un levier important pour atteindre ses objectifs de production", ajoute Balding. "Cependant, il va de soi que ce choix a un coût important. Le modèle de développement chinois est clairement sous pression. La dette s'est rapidement accumulée pour payer les infrastructures et les biens immobiliers dont la durée de vie est insuffisante."

"Les projets doivent souvent être démolis avant même totalement payé leurs emprunts. On a longtemps avancé que la Chine ne souhaitait pas se concentrer sur la quantité, mais sur la qualité, mais les slogans devraient désormais devenir une réalité. La nation doit modifier son modèle de croissance pour tenir compte de la viabilité financière à long terme, plutôt que de simplement atteindre les objectifs de construction", conclut Balding.

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