L'Ambassadeur du Japon au Royaume-Uni, Koji Tsuruoka, arrive au 10 Downing Street pour une réunion avec le Premier ministre britannique Theresa May à Londres

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Economie

Les firmes japonaises fuient le Royaume-Uni par peur d'un "no-deal Brexit"

L'ambassadeur japonais auprès de la Grande-Bretagne a averti que les entreprises japonaises ayant des activités au Royaume-Uni déserteront ce dernier après le Brexit si elles n'y trouvent plus un environnement favorable pour les affaires. Un certain nombre d'entreprises japonaises ont déjà quitté le pays. 

« Aucune entreprise privée ne poursuivra ses opérations au Royaume-Uni, si cela devient non rentable. C'est aussi simple que ça », a déclaré Koji Tsuruoka (notre photo de couverture) sur le perron de la résidence londonienne de la Première ministre britannique Theresa May. Une telle déclaration est d'autant plus remarquable qu'il est tout à fait inhabituel de se montrer aussi direct dans le milieu des affaires japonais, pour des raisons culturelles.

Toyota, Panasonic, Nomura, et les autres...

En effet, de plus en plus d'entreprises japonaises, qui avaient élu la Grande-Bretagne comme tête de pont pour leurs opérations européennes, ont décidé de quitter le pays, ou d'y réduire leurs activités, compte tenu de la perspective grandissante d'un « no-deal Brexit ».

Samedi, Toyota a averti qu'elle pourrait stopper temporairement la production à son usine de Derby, en cas de brexit sans accord. Panasonic a déjà déplacé son QG européen de Londres à Amsterdam, tandis que le distributeur de produits japonais Muji envisage de déménager en Allemagne. D'autres entreprises, y compris le concepteur de robots Yaskawa Electric Corp., cherchent actuellement un site pour relocaliser leurs opérations sur le Vieux Continent. Des banques japonaises telles que Nomura, Daiwa et Sumitomo Mitsui ont ouvert des bureaux en Allemagne. Mitsubishi UFJ a pour sa part choisi les Pays-Bas, tandis que Mizuho renforce ses activités dans les deux pays.

Toutes partagent le même objectif : demeurer proches de leurs clients européens pour le cas où le Brexit compliquerait les échanges commerciaux.

Un sondage réalisé en décembre par JETRO a conclu que 47 % des filiales de firmes japonaises installées en Europe pensaient qu'un départ du Vieux continent aurait un impact négatif pour elles. Elles redoutaient plus particulièrement une récession en Grande-Bretagne, et de rencontrer des difficultés pour exporter leurs produits vers les pays de l'UE.

Le second plus gros investisseur en Grande-Bretagne

Une telle évolution n’est pas anodine pour les 2 pays. Le Royaume-Uni est la seconde destination préférée pour les investissements japonais à l'étranger, derrière les États-Unis. En 2017, le pays du Soleil levant a investi 153 milliards de dollars. En retour, il est aussi le second plus grand investisseur en Grande-Bretagne, et près de 1000 entreprises japonaises sont installées dans ce pays, où elles emploient environ 160 000 travailleurs. Beaucoup s’y sont installées dans les années 80, à l'ère Thatcher.

May devait l’avoir en tête, lorsqu’elle avait décidé de s’y rendre en août 2017, deux mois après son élection, accompagnée d’une délégation composée d’hommes d’affaires. Le gouvernement britannique compte sur ses relations étroites avec le Japon pour négocier un accord commercial post-Brexit.

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