Un poste frontière en Europe

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Politique

"Les Britanniques devront payer 7 euros après le Brexit pour se rendre dans les pays de l'UE"

Le nouveau système sera similaire à celui de l'ESTA, qui permet aux touristes européens de se rendre aux États-Unis sans visa.

Les touristes britanniques souhaitant se rendre dans l'UE après le Brexit devront remplir une procédure de candidature en ligne et payer 7 euros (6,2 GBP). C'est ce qui résulte de la création d'un nouveau système pour les ressortissants de pays tiers, qui doit entrer en vigueur en 2021.

Les ressortissants de l'UE se rendant au Royaume-Uni devront également se soumettre à des contrôles

Lors de la conférence annuelle du parti conservateur, qui s'est tenue cette année à Birmingham, Theresa May a annoncé mardi un plan prévoyant que les Européens souhaitant se rendre en Grande-Bretagne devront se soumettre à des contrôles de sécurité, y compris un examen de leur casier judiciaire avant d'entrer dans le pays. May a déclaré qu'elle souhaitait restreindre la libre circulation des personnes vers le Royaume-Uni de manière permanente afin de contrôler l'immigration. Elle a ajouté qu'elle s'attendait à ce que les citoyens britanniques qui se rendent dans l'UE soient également tenus de respecter certaines règles.

L'UE défend deux principes: réciprocité et non-discrimination entre les ressortissants de l'UE

Si les plans de May sont adoptés, cela signifierait selon des sources de l'UE que les citoyens britanniques souhaitant se rendre dans l'UE devront automatiquement remplir une demande en ligne et payer un montant de 7 euros avant de pouvoir se rendre dans un pays de l'UE. Ils recevraient alors une autorisation valable trois ans. Le système est similaire à celui de l'ESTA, qui permet aux touristes européens de se rendre aux États-Unis sans visa.

Les mêmes sources européennes ont confirmé au journal Times of London que le  Royaume Uni devra mettre en place lui-même ce nouveau système de migration. "L'UE, pour sa part, défend deux principes à cet égard: la réciprocité et la non-discrimination entre les ressortissants de l'UE."

"L'UE ne fera pas de concessions pour sauver le parti conservateur"

Guy Verhofstadt, coordinateur du Brexit pour le Parlement européen, a déjà critiqué les projets du gouvernement britannique visant à mettre fin à la liberté de circulation, en particulier pour les citoyens européens les moins qualifiés. Il souhaite mettre en place un système de migration basé sur les compétences, qui empêcherait les citoyens européens peu qualifiés de se rendre au Royaume-Uni pour y travailler.

"L'UE n'acceptera jamais une discrimination fondée sur les compétences et la nationalité", a déclaré le libéral gantois. "Nous n’accepteront  jamais une extension de l'article 50. Le Brexit a créé suffisamment d'incertitude. Cessons cela ! Nous ne céderons jamais, et ne saperons pas les principes de notre Union et du projet européen pour sauver un parti politique britannique qui n'a même pas été capable de trouver une position commune pour la sortie du gâchis du Brexit", a-t-il déclaré, faisant allusion au parti conservateur de Theresa May.

L'Allemagne s'est même vue obligée d'assouplir les règles en matière d'immigration plus tôt cette semaine afin d'attirer plus de travailleurs des pays du tiers monde. Le pays est confronté à de graves pénuries de main-d'œuvre dans divers secteurs économiques.

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