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Politique

Qu’ont en commun les terroristes européens ?

Les chercheurs du groupe de réflexion slovaque Globsec ont examiné les dossiers de 197 terroristes djihadistes dans 11 pays d’Europe.

Qu’ont en commun les terroristes européens ? C’est la difficile question à laquelle vient apporter des éléments de réponse une nouvelle étude publiée par l’institut Globsec. Les chercheurs de ce groupe de réflexion slovaque ont examiné les dossiers de 197 terroristes djihadistes dans 11 pays d’Europe.

Ces 197 personnes sont dans l’un des cas suivants : arrêtés et jugés pour actes terroristes, extradés pour menace posée à la sécurité nationale, recherchés par la police, ou tués/morts lors d’attaques terroristes. Ce rapport est en fait un rapport intermédiaire : la collecte de données continue et un rapport final devrait être publié en septembre 2019.

C’est en France qu’on trouve le plus de cas avec 58 terroristes sur les 197 ayant été arrêtés en France, extradés de la France ou tués en France, suivi du Royaume-Uni et de l’Espagne avec 31 cas chacun, puis de l’Italie avec 27 cas.

Un profil type

Il est bien sûr délicat d’établir un profil type, néanmoins l’étude a déjà permis de dégager certaines informations :

-       la moyenne d’âge des combattants de l’Etat Islamique basés en Europe est de 30 ans,

-       72% d’entre eux sont des citoyens de l’Union européenne,

-       ils n’ont pas en général un très fort niveau d’éducation : 20% des recrues ont suivi quelques cours au lycée et seulement 3% ont obtenu un diplôme de premier cycle universitaire,

-       40% des 197 djihadistes étaient sans emploi au moment où ils furent arrêtés ou tués.

Les recrues de l’Etat Islamique ont souvent des antécédents judiciaires

Les auteurs se sont aussi intéressés au lien entre criminalité et terrorisme. Ce qui ressort, c’est que les recrues de l’Etat Islamique ont souvent des antécédents judiciaires. Globalement, 28% d’entre eux avaient déjà eu affaire à la police, et ce pourcentage monte à 50% pour le groupe français et 32% pour le Royaume-Uni.

Et parmi tous ceux qui avaient déjà purgé une peine de prison, ils ont été exposés à une idéologie radicale pour la première fois en prison dans plus de la moitié des cas (54%).

Cela confirme l’idée que la prison joue un rôle non négligeable de terreau de recrutement pour les groupes radicaux. Inquiètes, les autorités françaises se sont engagées en février dernier à la création de 1500 places carcérales en quartiers totalement étanches, pour éviter que les prisonniers les plus dangereux ne répandent leur idéologie radicale auprès des autres.