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Economie

Toyota va partager sa technologie Prius avec la Chine, les autres constructeurs automobiles ne s'en réjouissent pas

Le constructeur automobile japonais Toyota est prêt à partager sa technologie sur son modèle  hybride Prius avec les autorités chinoises. Ce partenariat peut présenter des avantages pour les deux parties , mais peut être un précédent dangereux. D'autres constructeurs étrangers pourraient en effet désormais être obligés de mettre leur technologie à disposition des autorités chinoises, explique Anjani Trivedi, correspondant asiatique de l'agence de presse Bloomberg.

L'initiative de Toyota montre, selon Trivedi,  quels compromis les constructeurs automobiles devraient faire pour continuer à s'assurer l'accès au marché chinois.

Histoire de succès

Anjani Trivedi fait remarquer que jusqu'à présent, Toyota n'a pas connu de succès en Chine. Il est vrai que dans les années 80, Toyota a reçu une invitation à démarrer une production en Chine.

"De cette manière, la Chine espérait avoir accès à l'expertise production du groupe japonais. Il n'y eut cependant pas d'accord. Toyota dit avoir refusé la proposition, alors que la Chine prétend  avoir rejeté une offre de Toyota. En tout cas, ce n'est qu'au début de ce nouveau millénaire que Toyota a mais un pied sur le marché chinois en ouvrant une usine à Tianjin."​

"Ces dernières 18 années, Toyota a suivi un tout autre cours en Chine", précise Anjani Trivedi."A ce propos, il faut tenir compte des sensibilités et tensions politiques des deux côtés. Maintenant que la Chine a affirmé vouloir évoluer vers un trafic automobile respectueux de l'environnement, Toyota ne peut plus rester sans réagir."

"La Chine est le plus grand marché automobile au monde et offre des avantages financiers importants pour les voitures électriques et les batteries d'un haut niveau de qualité. Les acheteurs de voitures électriques reçoivent plus facilement une immatriculation et profitent de réductions fiscales."

Trump

"Pour Toyota, la décision de se tourner vers le marché chinois est une décision intelligente", dit Trivedi. "Les conflits commerciaux ont en effet un lourd impact sur le marché mondial de l'automobile. En outre, en Amérique du Nord, qui était jusqu'à présent le plus grand marché du constructeur japonais, la firme est confrontée à un ralentissement important."

"L'attitude du président Trump envers l'Asie rapproche en fait les deux rivaux historiques. Toyota a pu récemment enregistrer une hausse de ses ventes en Chine. Le groupe cherche maintenant à augmenter ses capacités de production à Tianjin et Guangzhou de 20%. La production sera alors de 240.000 voitures par an."

"D'autre part, il faut remarquer que tout en ayant le plus grand marché automobile su monde, la Chine n'a cependant mis à l'avant aucune marque remarquable et a encore une long chemin technologique à accomplir", précise Anjani Trivedi. "L'aide d'un leader en matière de technologies hybrides est donc bienvenue."

"Le fait cependant que Toyota peut être incitée à mettre sa technologie à disposition du gouvernement chinois, pourrait laisser supposer que d'autres constructeurs seront amenés à faire les mêmes concessions pour développer des activités économiques en Chine."

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