Cesc Fabregas

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Politique

Brexit : La Premier League ne pourra plus recruter le prochain Fabregas ou Piqué

En Grande-Bretagne, La Premier League demande au gouvernement de suspendre les restrictions qui pourraient être imposées sur les contrats signés avec la des joueurs étrangers, car elle redoute que le Brexit ne remette en cause la compétitivité et la popularité mondiale de cette compétition de football très populaire.

Les responsables de la Premier League déplorent qu’à quelques mois du Brexit, qui sera effectif à la fin du mois de mars de l’année prochaine, ils demeurent encore dans l’incertitude concernant un certain nombre de questions importantes.

De possibles quotas

En particulier, ils se demandent s’il y aura des quotas imposant le recrutement d’un certain nombre de joueurs nationaux, comme l’affirment certaines rumeurs, mais surtout, s’ils pourront conserver toute latitude pour signer avec des joueurs européens après le Brexit. Ils ont donc demandé à ce que la Premier League fasse l’objet d’une exception et qu’on ne lui impose pas de respecter les règles qui prévaudront concernant l’accès au marché du travail britannique pour les travailleurs européens après le Brexit, pour pouvoir recruter n’importe quel joueur européen âgé de plus de 18 ans.

En cas d’imposition de quotas, les clubs devront intégrer un nombre minimum de joueurs britanniques dans leurs équipes. Actuellement, ils doivent inclure un minimum de 8 joueurs anglais - sachant qu’un joueur est réputé remplir cette condition à partir du moment où il a passé 3 ans dans une académie anglaise avant l’âge de 21 ans - dans chaque noyau de 25 joueurs. Mais la Football Association a fait savoir depuis longtemps qu’elle souhaiterait qu’il y en ait plus.

Une interdiction de recruter des joueurs de l'UE de moins de 18 ans

Or, le risque, c’est qu’avec le Brexit, les clubs soient confrontés à une interdiction totale de recruter des joueurs européens de moins de 18 ans. En effet, la FIFA interdit tous les transferts à l’étranger des moins de 18 ans, mais elle a prévu une exception pour les joueurs des pays de l’Espace économique européen. Après le Brexit, lorsque le Royaume-Uni sera exclu de cet espace, il ne pourra plus bénéficier de cette exception.  Des joueurs tels que Gérard Piqué (qui a rejoint Arsenal à l’âge de 17 ans en 2014), Cesc Fabregas (qui a rejoint le même club à l’âge de 16 ans/ notre photo de couverture), ou encore Paul Pogba (qui a rejoint Manchester United à l’âge de 16 ans / notre photo ci-dessous) seraient désormais inaccessibles pour les clubs anglais.

Paul Pogba

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De nouvelles règles pour les joueurs étrangers de plus de 18 ans

De même, joueurs européens de plus de 18 ans seront soumis aux mêmes règles de recrutement que les joueurs hors Union Européenne. Ces règles prévoient que les joueurs en question doivent apparaître régulièrement au sommet des classements mondiaux, ou susciter le versement d’un salaire ou d’une indemnité de transfert qui suggère qu’ils ont un talent exceptionnel. Avec de telles règles, jamais des joueurs tels que Riyad Mahrez, N'Golo Kante et Riyad Mahrez, qui étaient peu connus au moment de leur signature avec un club anglais, n’auraient pu le rejoindre.

Les mêmes règles auraient ainsi contraint les clubs britanniques à renoncer à plus de la moitié des joueurs étrangers qu’ils ont recrutés, (591 sur 1.022 exactement) entre 1992 et 2018, montre une étude réalisée par Laurie Shaw, un chercheur de l’Université de Harvard.

La Premier League ne manque pas d'arguments

De fait, La Premier League, qui est la ligue de football la plus riche du monde, est composée de plus des deux tiers de joueurs étrangers, le plus souvent issus d'autres États membres de l'Union européenne. “À l'instar de nombreuses autres organisations qui dépendent d'une combinaison de talents nationaux et internationaux, nous attendons de mieux comprendre le paysage politique et réglementaire après le départ du Royaume-Uni de l'Union européenne. L’accès aux joueurs talentueux de toute l’Europe a joué un rôle clé dans le succès de la Premier League”, a déclaré un porte-parole  de la Premier League au journal The Telegraph. “Il est donc vital que nous puissions continuer de recruter des joueurs européens avec la même liberté dont ils bénéficient actuellement”.

La Premier League est aussi l’une des exportations britanniques les plus profitables, puisque les droits des matches sont vendus dans 189 des 193 pays des Nations Unies. Elle rapporte 3,3 milliards d’euros de recettes fiscales par an au Trésor britannique, et emploie 12 000 personnes. Ce sont sans aucun doute des arguments que les cadres de l’Organisation entendent mettre en exergue pour justifier leur demande d’une exemption totale des nouvelles règles d’octroi de permis de travail au Royaume-Uni après le brexit.

Le gouvernement de la Première ministre Theresa May affirme qu’il examine les différentes options. "Après notre départ de l'UE, le Royaume-Uni continuera d'être le pays ouvert qu'il a toujours été. Nous mettrons en place un système d'immigration qui permettra de contrôler qui entrera au Royaume-Uni, mais qui accueillera les plus brillants et les meilleurs qui veulent travailler dur et apporter leur contribution”, a déclaré un de ses porte-parole.

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