Le politicien britannique du parti UKIP Nigel Farage

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Politique

Nigel Farage sera-t-il le prochain maire de Londres ?

L’ancien chef du parti eurosceptique britannique UKIP (pour “U.K. Independence Party”), Nigel Farage, envisage de briguer le poste de maire de Londres en 2020, rapportent différents médias.

“J'ai été encouragé à  me présenter par un groupe de personnes, mais cela ne veut pas dire que je vais le faire. Je n’ai pas dit non, j’y réfléchis”, a déclaré Farage au cour d’une interview donnée au Financial Times.

Farage réside dans le quartier de Bromley, au sud de la capitale britannique. Il est l’un des fers de lance du Brexit, bien qu’il ait quitté ce parti en juillet 2016, peu après le référendum sur le Brexit.

Cependant, bien qu’il se soit présenté 7 fois aux élections législatives, il n’a jamais été élu, et n’a jamais siégé au Parlement britannique. En revanche, il a été eurodéputé à 3 reprises, et à ce titre, il est notamment célèbre pour ses diatribes enflammées contre l’UE.

C’est aussi lui qui avait affirmé en 2010 que l’ex-Premier ministre Herman Van Rompuy, alors président du Conseil de l’Europe, avait “le charisme d'une serpillière humide” et “la stature d'un petit employé de banque”. Par la suite, il avait écopé d’une amende pour avoir tenu de tels propos.

Des prospectus du parti eurosceptique UKIP caricaturant Herman Van Rompuy

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D’après lui, les élections municipales de 2020 pour Londres lui fourniraient l’opportunité “de présenter des arguments” à l’attention d’un vaste public. Lors du vote pour le Brexit, la ville de Londres a majoritairement voté pour le maintien au sein de l’UE (2,3 millions de voix contre 1,5 million en faveur du Brexit).

Sadiq Khan, l'actuel maire, est donné favori

L’actuel bourgmestre de la capitale britannique est Sadiq Khan, un politicien du Labour (parti socialiste) qui est devenu le premier maire musulman de Londres en 2016. Il devrait se représenter lors des prochaines élections municipales en mai 2020, et figure déjà comme le favori.

Mais selon les proches de Farage, ce dernier dispose d’un atout : en effet, ce dernier, un tenant du “remain”, c’est à dire du maintien dans l’UE, a été élu avec 1,3 million de suffrages en 2016, un nombre inférieur à celui des électeurs en faveur du “Leave” (le Brexit), qui seraient plus susceptibles de pencher pour Farage, en théorie.

Farage accuse Khan de ne pas en faire assez contre la criminalité à Londres, affirmant que le politicien travailliste “devrait consacrer un peu moins de temps à fustiger Donald Trump et un peu plus de temps à s’attaquer à la criminalité de Londres”. Il a également critiqué le multiculturalisme croissant de la capitale britannique : “De grandes zones de l’Est de Londres sont devenues totalement musulmanes”, dit-il.

Le parti Tory inquiet

De son côté, le parti Tory (conservateur) devra choisir son candidat parmi 3 aspirants au poste relativement peu connus : Shaun Bailey, Andrew Boff, et Joy Morrissey.

Selon un officiel proche du gouvernement britannique, une possible entrée de Farage dans la course inquiète le 10, Downing Street. Ce dernier ne l’ignore pas : “Le parti Tory sait que si je me présente, ils arriveront probablement 3e, et ils ont très peur de ça”, dit-il.

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