Le secrétaire américain de la Défense Jim Mattis

© Getty Images

Politique

La patience des Etats-Unis à l'égard de la Corée du Nord est épuisée

Le secrétaire à la Défense des États-Unis, Jim Mattis, a annoncé que des exercices militaires importants menés de concert avec la Corée du Sud auront désormais lieu au printemps 2019. Ces exercices avaient été temporairement suspendus en août 2018, en signe de bonne volonté à la suite de la réunion "historique" entre le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un et le président américain Donald Trump.

Cette annonce, lors d'une conférence de presse, fait suite à l'information publiée quelques jours plus tôt selon laquelle un voyage à Pyongyang, prévu par le secrétaire d'État américain Mike Pompeo, avait été annulé in extremis. 

Selon les observateurs internationaux, les deux mesures prouvent le fiasco complet du "processus de paix" annoncé par Trump et Kim, qui avait été lancé en juin à Singapour.

Les États-Unis veulent que la Corée du Nord abandonne son programme d’armes nucléaires, tandis que la Corée du Nord exige en retour des garanties de sécurité, en plus de la levée des sanctions et des investissements économiques.

"Un plan criminel contre la Corée du Nord"

Mais plus tôt cette semaine, dans un éditorial publié par l'agence de presse KCNA (Korean Central News Agency), les Nord-Coréens indiquaient que "les mouvements des troupes américaines dans la région prouvent que les Etats-Unis préparent un plan criminel dans le but de déclencher une guerre contre la République populaire démocratique de Corée".

L'article fait référence à des exercices organisés par l'armée américaine au Japon et aux nombreuses troupes d'élite de l'armée américaine qui résident en Corée du Sud.

Les Américains disent maintenant qu'ils ont des éléments probants, montrant que la Corée du Nord poursuit le développement de ses capacités nucléaires.

Le Premier ministre japonais Shinzo Abe a également déclaré mardi que la Corée du Nord continuerait à représenter une menace "sérieuse et imminente" pour son pays, malgré les promesses de Kim de démanteler son arsenal nucléaire.

La rencontre historique entre Trump et Kim n'était rien de plus qu'une "séance de photos"

Lorsqu'on lui a demandé s'il partageait l'opinion de son président, selon laquelle "il n'y a plus de menace nucléaire provenant de la Corée du Nord", Mattis a refusé de répondre. Il a admis que des progrès avaient été réalisés depuis la rencontre à Singapour, mais n’a pas répondu à la question de savoir si la Corée du Nord avait effectivement commencé à démanteler son arsenal nucléaire.

Selon les spécialistes de la politique internationale, les événements de ces derniers jours réduisent la "rencontre historique" entre Kim et Trump en juin en une simple "séance de photos".

Le dirigeant nord-coréen Kim Jong un et le dirigeant américain Donald Trump côte à côte vus de dos

© Getty Images

Sur le même sujet :