Un fermier néo-zélandais trait une vache

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Politique

Après la suppression des subventions, ce pays est devenu un véritable champion mondial de l'agriculture

La Commission européenne veut abandonner la politique agricole commune dans l'UE et a présenté des propositions détaillées à ce sujet. A partir de 2021, les subventions commenceront à baisser pour passer de 308 à 265 milliards d'euros en sept ans. La part des dépenses agricoles dans le budget de l'UE, qui représente 37 % du total, ce qui en fait le plus gros poste, devrait donc diminuer.

Ces subventions seront principalement destinées aux petites exploitations. Aujourd'hui, ce sont surtout les grandes exploitations agricoles qui en bénéficient.

Les subventions se sont développées au fil du temps, mais ne sont plus pertinentes

En Belgique, 25 à 35% du chiffre d'affaires du secteur agricole proviendrait de subventions. C’est une conséquence de la situation qui est apparue peu de temps après la Seconde Guerre mondiale, lorsqu’une insuffisance des denrées alimentaires de qualité est apparue. Mais cet objectif est complètement dépassé aujourd'hui. Les votes associent donc les subventions à la performance en termes de durabilité et d'impact climatique plutôt qu'à des quotas de production.

Dans plusieurs pays européens (France, Espagne, Portugal, Irlande, Finlande et Grèce), les projets de la Commission européenne ne suscitent pas l’enthousiasme. Une lettre commune a déjà été distribuée, dans laquelle des objections sont formulées contre la diminution des subventions.

Une expérience intéressante à cet égard est née en Nouvelle-Zélande, qui a supprimé toutes les subventions agricoles en 1984 pour investir de l'argent dans la recherche et le développement.

Des moutons au pâturage en Nouvelle Zélande

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La Nouvelle-Zélande a supprimé les subventions du jour au lendemain

Sur le site du Global Farmer Network, un fermier local, Craig McKenzie, a écrit ceci :

“Lorsque je suis devenu agriculteur dans les années 1980, la Nouvelle-Zélande soutenait l’agriculture de la même manière que beaucoup d’autres gouvernements. Plutôt que de nous laisser travailler sur un marché libre sans restriction, elle payait des subventions pour nos moutons, notre laine, nos produits laitiers et notre boeuf.

Puis un nouveau gouvernement est arrivé au pouvoir. Il a considéré les agriculteurs comme une bande de propriétaires fonciers privilégiés et riches. Nous ne le savions pas nous-mêmes, mais pendant que nous étions en train de désherber nos champs et que nous curions nos cochons, nous étions devenus la noblesse de la Nouvelle-Zélande.

Le gouvernement a donc supprimé nos subventions. Il ne les a pas seulement réduites. Il n’a pas étalé cette suppression sur plusieurs années. Il les a toutes supprimées brutalement. Il nous en a privé du jour au lendemain.

Les subventions donnent le pouvoir aux politiciens

L’ironie, c’est que bien que l'abolition des subventions avait débuté comme une sorte de punition politique, elle a fini par devenir une bénédiction à long terme pour les agriculteurs. Nous avons traversé une période d’adaptation difficile, mais nous en sommes sortis plus forts que jamais.

Ma famille s'est concentrée sur notre ferme. Lorsque nous étions confrontés à un choix difficile, nous avions soudain la possibilité de prendre nos décisions uniquement sur la base de pratiques agricoles et commerciales saines. Nous sommes devenus impitoyablement efficaces : en d'autres termes, nous sommes devenus vraiment bons dans ce que nous faisions.

Nous avons également amélioré notre capacité à résister aux réglementations qui nuisent à l'agriculture.

Les subventions donnent le pouvoir aux politiciens, qui peuvent alors menacer de les supprimer si les agriculteurs refusent d'accepter de nouvelles formes de contrôle. Sans subventions, nous avons plus de liberté pour résoudre nos problèmes par la créativité et l’innovation plutôt que grâce aux impulsions de contrôle-commande du gouvernement".

La naissance d'un champion du monde

La Nouvelle-Zélande est aujourd'hui un champion mondial de l'agriculture. Bien que le pays compte un peu moins de 4,5 millions d’habitants, il est le premier exportateur mondial de viande de mouton et de produits laitiers. 95 % de ses produits agricoles sont exportés vers plus de 100 pays.

Des cartons remplis de kiwis néo-zélandais

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