Les étagères d'un supermarché Tesco, au Royaume-Uni

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Economie

En cas de "no deal Brexit", le panier de la ménagère britannique risque de devenir 12 % plus cher

Les dirigeants des supermarchés britanniques ont averti le gouvernement qu'en cas de sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne sans accord, les prix des biens de consommation risquent de flamber. Selon eux, la hausse des prix sur les produits alimentaires pourrait atteindre 12 %.

Les cadres dirigeants des quatre plus grandes chaînes de supermarchés britanniques ont indiqué leurs prévisions dans des mémos adressés au Trésor britannique. Ils rappellent que les droits de douane sur les produits importés de l'Union européenne pourraient atteindre 44 % sur le fromage, jusqu'à 40 % sur le bœuf et 22 % sur le poulet. En moyenne, les produits alimentaires importés de l'Union européenne pourraient subir des droits de douane de l'ordre de 22 %, affirme le président d'une grande chaîne de supermarchés.

La réinstauration des droits de douane ne sera que l'un des 3 facteurs d'augmentation des prix

En effet, si aucun accord n'est conclu, le Royaume-Uni devra s'en remettre aux règles de l’Organisation mondiale du commerce. Même si le pays était soumis à la clause de la nation la plus favorisée à l'égard de l'UE, il subirait tout de même d'importants droits de douane.

Pire, ce ne serait pas l'unique facteur de la flambée des prix. La chute de la parité de la livre, qui ne manquerait pas de se produire, contribuerait, elle aussi, à accroître les prix des produits importés. Selon le gouvernement britannique, dans un tel cas de figure, le taux de change de la livre sterling pourrait baisser de 10 %, voire plus.

Les supermarchés s'attendent également à ce que les prix augmentent pour des raisons logistiques. La restauration des contrôles douaniers pose le risque d'une congestion majeure au port de Douvres, où sont réceptionnés la majeure partie des biens importés au Royaume-Uni. Il est donc probable que d'autres itinéraires seront mis en place, prévoyant l'arrivée des marchandises dans d'autres ports britanniques. Ces nouveaux itinéraires impliquent un allongement des parcours, et donc une augmentation des coûts de transport.

"En l'espace de 2 semaines, ce sera un pays très différent"

"Il est totalement ridicule que les tenants du Brexit affirment que nous pourrions, sans aucun dommage, opter pour la clause de la nation la plus favorisée de l'OMC en matière de droits de douane. C'est épouvantable. Il y aura des temps d’arrêt à la frontière, et du coup, il sera impossible de charger des produits le matin en Espagne et de les avoir 2 jours plus tard sur les étagères des supermarchés". Et d'ajouter : "Ceci est très grave, nous parlons de troubles sociaux dans les rues. Dans l'hypothèse d'une absence d'accord, en l'espace de 2 semaines, ce sera un pays très différent", avertit un patron du secteur de la grande distribution britannique. 

Cependant, Malcolm Walker, fondateur et CEO d'Iceland, une chaîne de magasins de produits surgelés, ne partage pas cet avis. "Tout cet affolement (...) concernant le stockage de la nourriture. Personnellement, je pense que ce sont des sornettes. L’UE n’a pas intérêt à ce qu'il n'y ait pas d'accord."

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