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Economie

New York restreint les services d'Uber et Cie

Cette semaine, New York est devenue la première grande ville américaine à restreindre les services de taxis alternatifs tels qu'Uber et Lyft. Le décret a été adopté à une majorité écrasante par le conseil municipal.

Ainsi, New York cessera de délivrer de nouvelles licences pour les services de taxis alternatifs pendant un an. Cela doneera à la City's Taxi and Limousine Commission, organisme de la ville de New York qui supervise les services de taxis, le temps d'évaluer l'impact d'Uber et compagnie sur la ville. Le conseil municipal a également approuvé une proposition pour que les conducteurs de services de taxis reçoivent désormais un salaire minimum garanti.

Dans un communiqué, le maire de New York, Bill de Blasio, a défendu le projet de loi, expliquant que cette décision permettrait de désamorcer une crise qui a conduit New-yorkais vers la pauvreté. "La croissance des services de taxis alternatifs rendue possible par ces applications nécessitait une action de notre part."

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Avantages immédiats pour 100 000 familles

Selon de Blasio, plus de 100.000 travailleurs et leurs familles bénéficieront immédiatement de cette législation. Par ailleurs, cette action réduira l'afflux de véhicules qui contribue à la congestion des rues de New York, a expliqué le maire.

La décision de New York de restreindre le nombre de véhicules de transport et d'établir des règles de rémunération pour les conducteurs pourrait servir de modèles pour d'autres gouvernements qui souhaitent contrôler ce secteur, indique le New York Times. Par ailleurs, les conséquences de cette mesure pour des entreprises comme Uber - société évaluée à 62 milliards de dollars (54,1 milliards d'euros) - ne doivent pas être sous-estimées. D'autres villes devraient suivre. Par exemple, au début de ce mois, les chauffeurs de taxi espagnols ont bloqué les plus grandes villes du pays pendant cinq jours. Si d'autres se joignent à New York, la croissance d'Uber pourrait être menacée.

De son côté, Uber a réagi en expliquant que les prix allaient inévitablement augmenter car l'offre était limitée. Les personnes vivant en-dehors de Manhattan, zones où il n'y a pas de métro, risquent également de subir les conséquences de cette décision.

La perturbation du modèle de taxi traditionnel

La perturbation du modèle de taxi traditionnel, emploi qui depuis des décennies garantit un revenu à des millions de personnes sur Terre, a eu des conséquences sinistres à New York. Ces derniers mois, six chauffeurs de taxi se sont suicidés. Ce problème est lié au fait que le prix des "médailles", licence requise par la ville pour conduire un taxi, est passé d'un million de dollars (875.000 euros) à 160.000 dollars (140.000 euros) actuellement.  

Les taxis sont maintenant une minorité à New York, ville où l'on dénombre où plus de 70.000 pilotes d'Uber, de Lyft et d'autres entreprises qui rivalisent avec 30.000 limousines, 13.500 taxis jaunes et 4.000  "taxis verts", selon les chiffres de la New York City Taxi et Limousine Commission.

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