Les installations de logistique portuaire à Anvers

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Economie

Ce graphique montre clairement ce qui est en jeu pour la Belgique en cas de "hard Brexit"

Dans une interview donnée au journal britannique Sunday Times, le ministre du Commerce britannique Liam Fox a évalué les chances de la survenance d'un “hard Brexit” ou d’un départ du Royaume-Uni de l’UE sans accord à 60 %.

“Je pense que l'intransigeance de la Commission européenne nous pousse dans cette direction”, a déclaré M. Fox. “Nous avons fixé un cadre dans lequel un accord est possible, mais si l’UE décide que l'obsession théologique des non-élus doit être prioritaire sur le bien-être économique de la population de l’Europe, alors, il s’agit d’un Brexit des bureaucrates - pas d’un Brexit du peuple.”

Tout le monde se prépare à un scénario de “no-deal”

Alors que la plupart des dirigeants politiques croient encore à un accord, Whitehall - le nom du centre gouvernemental au centre de Londres - se prépare également en coulisses à un scénario de “no-deal”.

L'agence de presse Bloomberg rapporte que le Premier ministre Theresa May a prévu une réunion du cabinet au début du mois de septembre pour discuter des préparatifs nécessaires pour mener un "hard Brexit”. Un nouveau sondage montre que seuls 22 % des Britanniques peuvent se retrouver dans la manière dont May aborde le Brexit.

Theresa May

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Mais de ce côté-ci de la Manche, on prend aussi de plus en plus en compte la possibilité d’un “hard Brexit”. Étant donné que cette possibilité ne semblait pas réaliste jusqu'à présent, de nombreux pays commencent à mettre cette question en tête de leurs priorités.

Qu'adviendra-t-il en cas d'un  “hard Brexit” ou d’un “no-deal Brexit” ?

Si cela se produisait, l'UE et le Royaume-Uni auraient automatiquement recours aux règles de l'Organisation mondiale du commerce (OMC). La Grande-Bretagne se verrait alors accorder à nouveau la pleine liberté de conclure des accords commerciaux, et devrait subir en outre des contrôles supplémentaires aux frontières, tandis que les échanges seraient frappés de droits de douane mutuels. 

Il reste à savoir ce que cela impliquera réellement, mais dans un nouveau rapport de la banque ING, les analystes soulignent les conséquences majeures d’un “no-deal Brexit” pour deux pays : la Belgique et les Pays-Bas. Les ports d'Anvers, de Zeebrugge et Rotterdam sont au coeur de cette problématique. 

58 % du commerce à destination ou en provenance de Londres passe par la Belgique et les Pays-Bas

Le graphique ci-dessous montre que 58 % des échanges par voie maritime en provenance de Londres transitent par la Belgique ou les Pays-Bas. Les grands porte-conteneurs font d'abord escale dans l'un des trois ports susmentionnés, après quoi de plus petits navires reprennent une partie de leur cargaison pour la transporter à destination du Royaume-Uni (et vice versa).

Le volume du transit maritime en provenance du Royaume-Uni, en fonction des Etats-membres de l'UE

“Les retards dans l'un de ces trois ports auraient de graves conséquences pour les chaînes d'approvisionnement des deux côtés de la Manche, ainsi que pour l'exploitation des ports nord-européens”, écrivent les auteurs.

Zeebrugge serait le plus grand perdant

Le journal britannique The Guardian a publié l’année dernière une étude présentant les implications d’un “hard Brexit” pour Zeebrugge.

Douvres avertit que 2 minutes de contrôle supplémentaire sur chaque camion dans la ville portuaire anglaise pourraient se solder par environ 27 km de bouchons. Mais il faut aussi s’attendre au chaos dans les ports continentaux de la mer du Nord.

À Douvres, on a mis en évidence les graves problèmes auxquels les ports français de Calais et Dunkerque sont confrontés, mais Zeebruges est aussi consciente de difficultés potentielles. La Grande-Bretagne représente en effet 45 % de l’activité totale du port de Zeebruges.

Selon l'Université de Louvain, le Brexit pourrait faire disparaître 2,35 % du produit intérieur brut belge.

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