Une rue animée iranienne

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Politique

Les États-Unis imposent 3 exigences à l’Iran: aucune n'a la moindre chance

Les exigences que Washington a imposées à l’Iran pour lever les sanctions économiques sont jugées totalement inconcevables pour Téhéran. Elles ne provoqueraient rien moins que la fin du régime actuel.

Le constructeur automobile allemand Daimler (Mercedes-Benz) cesse complètement ses activités en Iran à la suite de l'entrée en vigueur mardi des sanctions économiques américaines contre le régime des ayatollahs. Auparavant, d'autres multinationales (Renault, PSA, Total, Siemens, ...) avaient déjà envoyé des messages similaires au monde.

Depuis mardi matin, les pays qui commercent avec l’Iran ne peuvent plus faire affaire avec les États-Unis. Les sanctions sont limitées pour l'instant à une gamme de produits (les métaux précieux, les avions, les automobiles, les pistaches, les tapis, ...), mais cette palette s’étendra à partir du 4 novembre au secteur de l’énergie iranienne, qui est crucial pour l'économie du pays.

Ces sanctions sont le résultat du retrait du président américain Donald Trump de l'accord nucléaire au début de cette année.

L’Iran est déjà au bord du gouffre économique. Le PIB devrait se contracter de 8% cette année.

Une femme iranienne passe devant un distributeur automatique de billets

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Washington fixe trois exigences pour un nouvel accord

Washington espère ainsi forcer Téhéran à faire de nouvelles concessions. Le président Trump a même exprimé sa volonté de rencontrer son homologue iranien, M. Rouhani, le mois dernier. Les observateurs internationaux considèrent néanmoins qu’une chance de détente entre les deux pays est impossible.

Selon les États-Unis (ainsi qu’Israël  et l’Arabie saoudite), trois points doivent être révisés dans l’accord -désormais caduque- conclu sous l’administration Obama.

  • Premièrement, l’Amérique ne veut pas de date butoir pour cet accord,
  • Deuxièmement, l’Iran ne serait pas autorisé à tester de nouveaux missiles balistiques 
  • Troisièmement, l’Iran doit cesser de soutenir les combattants de la résistance en Syrie, au Yémen, au Liban et en Irak.

Une humiliation inacceptable pour le régime

Mais même si Téhéran - ce qui est hautement improbable - était prêt à  se conformer aux deux premières exigences, la troisième exigence apparaît cependant tout à fait impossible, car elle équivaudrait à une réorientation complète de la politique étrangère iranienne et signifierait une humiliation inacceptable pour le régime. 

De plus, Rouhani a peu de raisons de croire que Trump respectera un nouvel accord, alors que l’accord précédent (qui était bien respecté, selon la communauté internationale et le secrétaire américain de la Défense) a tout de même fini à la corbeille.

Les sanctions sont des excuses bienvenues pour le régime

Enfin, les faucons de Washington espèrent accroître la pression interne sur le régime en imposant des sanctions économiques. Mais cela pourrait aussi être une erreur de calcul. Les sanctions sont même une excuse tout à fait opportune pour le régime pour lui permettre de justifier  la crise économique. Dans plusieurs villes iraniennes, des manifestations ont été signalées ces derniers jours, mais l’Iran a  une longue tradition de protestation . De plus, le régime peut toujours compter sur  les Gardiens de la Révolution  et les paramilitaires Baseej, les services de sécurité loyaux, efficaces et impitoyables de la République islamique.

En d’autres termes, le risque que l’Iran et les États-Unis sortent de l’impasse actuelle est nul. Tous les indicateurs vont dans le sens d'une escalade des tensions.

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