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© Pixabay/Wolfgang Horvath

Science

L'Europe dispose encore de nombreux biotopes pour les ours sauvages

Selon une nouvelle étude menée par le Centre allemand de recherche intégrée sur la biodiversité (iDiv) et l'Université Martin Luther de Halle-Wittenberg (MLU), l'Europe dispose encore de nombreuses régions où de nouveaux biotopes pour les ours bruns pourraient être créés. 

Selon les chercheurs, une gestion efficace de l'espèce - y compris une réduction des pressions directes exercées par l'homme - pourrait aider ces animaux à revenir dans ces zones. Il est maintenant important de planifier le rétablissement de l'espèce tout en prenant des mesures pour prévenir les conflits, indique l'étude.

Chasse

"Il y a 500 ans, les ours bruns étaient présents presque partout en Europe", explique Nestor Fernandez, professeur de conservation de la nature à l'Université de Halle-Wittenberg et chef de l'étude. "Cependant, lors des siècles suivants, l'espèce a été exterminée dans de nombreuses régions, y compris en Allemagne. Les causes du déclin des ours sont principalement la perte d'habitat et la chasse."

"De nos jours, environ 17.000 ours bruns vivent encore Europe, répartis sur 10 populations et 22 pays, mais certaines populations sont très peu nombreuses et donc particulièrement vulnérables." Ces dernières années, la chasse aux ours bruns a été interdite ou restreinte en Europe.

"A l'avenir, les ours pourraient recoloniser certaines parties d'Europe", affirment les chercheurs. "Il existe encore de nombreuses zones en Europe où il n'y a actuellement pas d'ours, et ces dernières pourraient en principe constituer un habitat." "L'Europe compte plus d'un million de kilomètres carrés d'habitat qui pourraient convenir à la colonisation des ours bruns. Environ 37% de cette superficie ne sont actuellement pas peuplés, soit 380.000 kilomètres carrés."

"Toutefois, plusieurs habitats d'ours potentiels sont géographiquement isolés et par conséquent peu susceptibles de se recoloniser naturellement", remarquent les chercheurs.

Signes de rétablissement

"Le fait qu'il existe toujours un habitat convenable pour les ours bruns est une grande opportunité pour la conservation des espèces", explique le professeur Fernandez. "Les scientifiques constatent déjà qu'environ 70% des populations européennes montrent des signes de rétablissement. Il est probable que les ours reviendront dans certaines zones inoccupées par d'autres espèces en ce moment."

Selon le chercheur, au cours des dernières années, l'attitude des Européens vis-à-vis de la faune a beaucoup changé. Aujourd'hui, beaucoup de personnes se disent optimistes quant au retour des grands mammifères. La carte suivante de l'Europe montre les zones actuellement habitées par les ours bruns (en bleu), les zones qui conviennent à leur présence dans la région, mais ne sont pas peuplées (vertes) et les zones inadaptées à l'habitat des ours (gris).

© Nestor Fernandez

Néanmoins, le fait que le retour des ours puisse conduire à des conflits avec certaines activités humaines doit être considéré à un stade précoce, font remarquer les chercheurs. De tels conflits surviennent surtout lorsque les ours mangent les récoltes ou endommagent des ruches, et lorsqu'ils attaquent parfois des moutons. Les attaques directes par les ours sur les humains sont, cependant, extrêmement rares car les ours eux-mêmes évitent généralement les personnes.

Carte

Les chercheurs ont créé une carte qui permet de prédire dans quelles zones un retour des ours est probable. L'espèce est déjà revenue dans les zones bleues. Les régions en vert constituent de nouveaux habitats potentiels. "Ces cartes peuvent aider les décideurs à identifier les zones de conflit potentiel afin que des mesures ciblées puissent être prises", explique Nestor Fernandez. "Par exemple, on pourrait prévoir le paiement d'indemnisations pour les dommages que les animaux pourraient causer."

En outre, d'autres mesures telles que la construction de barrières physiques afin que les ruches soient inaccessibles aux ours pourraient être prises. Le chercheur cite également l'installation de clôtures électriques et l'utilisation de chiens de garde pour protéger les champs et les prairies, ainsi que la sensibilisation de la population. Les chercheurs préviennent également que les ours ne respectent pas les frontières nationales. "C'est pourquoi l'introduction d'une politique de gestion commune de l'ours brun et d'autres animaux sauvages au niveau européen est souhaitable", explique Fernández.

"À l'heure actuelle, les politiques entre les États membres en matière de protection et de gestion des ours sont très hétérogènes et il existe des disparités dans la manière dont les systèmes de compensation sont structurés dans différents États", concluent les scientifiques.  

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