Trea Turner (à droite), des Washington Nationals, remporte un triplé en battant le joueur de 3e but des San Francisco Giants, Evan Longoria, lors d'un match de baseball au AT & T Park de San Francisco, en Californie

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Gravé dans le marbre de la toile : des célébrités poursuivies pour leurs tweets écrits à l'adolescence

Trea Turner, le joueur d'arrêt-court de l’équipe de baseball des Washington Nationals (en jersey blanc, sur notre photo de couverture) a présenté ses excuses dimanche soir pour des tweets offensants qu’il avait postés en 2011 et 2012 et qui sont ressortis récemment, suscitant l’indignation du public. Il est ainsi devenu le troisième joueur de baseball de Major League à faire les frais de la mémoire de l’Internet.

Turner, alors âgé de 18 ans, avait tweeté des messages homophobes, dont des insultes  et une blague à connotation raciste. Il a supprimé les tweets après qu'ils ont refait surface et a présenté ses excuses au public : “Je suis sincèrement désolé pour ces tweets et m'excuse de tout mon cœur. Je crois que les personnes qui me connaissent réalisent que ces actions regrettables ne reflètent pas mes valeurs ou qui je suis”, a-t-il écrit.

D'autres stars du baseball victimes de la mémoire de l'Internet

L’utilisateur de Twitter qui a retrouvé les tweets en question n’en était pas à son coup d’essai. Il a également exhumé les messages indélicats d’un autre joueur de baseball, Sean Newcomb des Atlanta Braves, eux aussi à connotation raciste ou homophobe. Un troisième joueur,  Josh Hader des  Milwaukee Brewers, a lui aussi dû s’excuser publiquement pour les mêmes raisons.

Les sportifs ne sont pas les seuls à faire les frais de la mémoire de l’Internet : désormais, toute célébrité ou professionnel en vue peut être mis en cause et s’exposer au scandale pour des messages postés il y a très longtemps, avant que ces personnes connaissent la popularité.

Les figures du show-business, des médias...

Le réalisateur James Gunn, qui est notamment l’auteur des deux premiers films de la franchise Marvel “Les Gardiens de la galaxie”, a ainsi été congédié par Disney dans le courant de ce mois en raison de tweets postés entre 2009 et 2012. Ceux-ci contenaient des plaisanteries sur des sujets sensibles, le viol et la pédophilie. 

Au mois de mars, le spectacle “Girl With No Job” de Claudia Oshry a été annulé par Verizon’s Oath, après qu'un journaliste du Daily Beast a publié des vieux messages sur Twitter exprimant clairement des opinions antimusulmans, dont elle était l'auteure. Oshry et sa soeur Jackie, sont les filles de la militante anti-islam Pamela Geller, et ont expliqué qu’elles ne partageaient pas ses idées. A l’origine, c’est cette dernière qui faisait l’objet de l’article que le journaliste avait publié, mais il avait jugé opportun d’inclure les tweets que les soeurs Oshry avaient postés à une époque où, semble-t-il, elles partageaient les sentiments de leur mère.

Même les journalistes américains, pourtant protégés a priori par le Premier Amendement de la Constitution des États-Unis qui garantit la liberté d'expression, doivent maintenant modérer leurs communications en ligne, sous peine de susciter l’ire des internautes, et en conséquence, de briser leur carrière. 

Un repli vers des applications offrant le droit à l'oubli

Au fil du temps, les figures en vue sont de plus en plus souvent issues d’un monde où les pensées et les opinions exprimées sur la toile alors qu’elles étaient adolescentes sont gravées dans le marbre du cyberespace, et conservées pour la postérité. Comme ces scandales augmentent en fréquence, la notion selon laquelle un message de 140 caractères suffit pour détruire une carrière brillante est de mieux en mieux comprise.

Cette réalisation a déjà une conséquence : les internautes se tournent de plus en plus vers les réseaux de médias sociaux éphémères, tels que Snapchat, par exemple, où leurs messages disparaissent après un certain temps.

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