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Corfou, l'île où les touristes sont accueillis par 4.000 tonnes de déchets

Sur l'île grecque de Corfou, la haute saison touristique est menacée par un conflit interminable autour des déchets et immondices. Etant donné qu'aucune solution n'a encore été trouvée à ce propos, les déchets ménagers jonchent les rues depuis des semaines. Le secteur touristique local dit craindre que les visiteurs soient effrayés par ces montagnes d'ordures et que les tour-opérateurs proposent à leurs clients des destinations alternatives dans la région méditerranéenne.

Un certain nombre de touristes se seraient plaints de la puanteur et des nuées de mouches. Quatre mille tonnes de déchets ménagers s'accumuleraient, en effet, déjà dans les rues de Corfou.

Des problèmes qui n'en finissent plus

L'île a depuis longtemps des problèmes concernant sa gestion des déchets. La principale décharge locale, à Temploni, est pleine et a été déclarée illégale par l'Europe. Les autorités ont cependant beaucoup de difficultés à trouver une alternative. Et des suggestions de solutions ont été rejetées par les riverains.

Récemment, la population locale a mené une protestation contre les projets de l'Union européenne d'ouvrir une nouvelle décharge à Lefkimmi. La police a dû intervenir parce que la population avait bloqué les rues environnantes et les camions ne pouvaient plus atteindre le site. Les autorités locales avaient demandé au gouvernement grec d'enlever les déchets de l'île par bateau.

Il y a trois ans, le gouvernement grec avait été cité devant la Cour de Justice de l'Union européenne, à cause d'une gestion insuffisante des déchets à Corfou. Il y a 4 ans, une enquête a révélé que sur les îles grecques, 16 décharges illégales étaient en activité.

Selon les observateurs, depuis des années, des montagnes de déchets le long des rues ternissent le paysage de Corfou. Bien que la décharge de Temploni ait été déclarée illégale par l'Union européenne, elle est encore utilisée en secret de temps à autre. L'île produit environ 67.000 tonnes d'ordures par an.

Installation de tris

Ce chiffre croît rapidement notamment à cause du succès du tourisme qui draine pour le moment 1,5 million de touristes par an. La décharge de Temploni se cache dans une vallée boisée, à environ 4 km d'un port luxueux occupé surtout par des super yachts russes. Seuls 5% des ordures de l'île sont recyclées.

Un pourcentage très éloigné des objectifs de l'Union européenne, qui exige que d'ici 2035 65% des déchets soient recyclés. Le bourgmestre Konstantinos Nikolouzos a promis, sous la pression de tour-opérateurs internationaux, de faire enlever les déchets des rues avant le pic de la saison touristique.

Pour le moment les déchets sont emballés dans des sacs de plastique et stockés sur des terrains à côté du site archi-plein de Temploni. L'étape suivante est le dépôt des ordures à Lefkimmi pendant la construction d'une nouvelle installation de tris, à condition que les camions puissent éviter les blocages de la population.

Lorsque Nikolouzos, membre du parti au pouvoir, Syriza, a été élu il y a 4 ans, il a suspendu un projet privé et public de son prédécesseur qui avait prévu la construction d'une installation de tris. Le reste des ordures devait partir à la nouvelle décharge de Lefkimmi.

Nikolouzos avait affirmé que l'accord, financé par des fonds européens et privés, aurait été néfaste pour les impôts de la population locale. Il travaille à un projet similaire de nouvelle décharge qui serait complètement financée par l'Etat grec.

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