Le ministre de l'Intérieur allemand Horst Seehofer

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Politique

Seehofer démissionne: le gouvernement de Merkel IV à l'heure de vérité

En Allemagne, Horst Seehofer, le ministre de l'Intérieur, a offert sa démission dimanche. Seehofer voulait également démissionner de son poste de président de la CSU le parti frère bavarois de la CDU d'Angela Merkel, rapporte le Deutsche Presse-Agentur (DPA). Mais dans la nuit, le politicien a décidé de remettre à plus tard cette décision. 

Le conseil du parti de la CSU a passé les heures suivantes à tenter de faire changer l’avis de son patron, “pour le bien de la nation”.  Après minuit, Seehofer a finalement annulé son communiqué de presse, indiquant qu'il retarderait sa décision jusqu'à ce qu'il rencontre la chancelière une nouvelle fois lundi. "J'ai dit que je remettais les deux postes à disposition et que j'exécuterai cette décision dans les trois jours à venir", a-t-il expliqué. 

Merkel et Seehofer doivent donc se rencontrer à Berlin cet après-midi à 17 heures. 

Seehofer et Merkel s’opposent au sujet de la politique d'immigration depuis un certain temps, mais les divergences d'opinion ont atteint un nouveau point d'ébullition dimanche, quand il est apparu que la CDU était encore derrière les projets en matière de politique d'immigration négociés par Merkel la semaine dernière à Bruxelles.

Pour Seehofer, l’accord sur le droit d’asile européen de Merkel n'est pas acceptable. La CSU souhaite refouler aux frontières tous les demandeurs d'asile enregistrés ailleurs en Europe, le cas échéant sans solliciter l’accord des partenaires européens. Mais cela implique la remise en cause de l'un des fondements de l'UE, la libre circulation des personnes. Et Merkel ne veut rien savoir à ce sujet, car elle craint une réaction en chaîne. Elle veut à tout prix une solution européenne au problème.

L'Union est-elle en danger ?

La CDU de Merkel et la CSU de Seehofer sont des partis frères, mais la CSU ne fait campagne qu'en Bavière, tandis que la CDU est présente dans le reste de l'Allemagne. En Allemagne, cette alliance politique est surnommée “l’Union”, et elle est maintenant  fortement divisée sur la question de la politique d'immigration.

L’ombre de l'AfD

Ce sont bien sûr les élections en Bavière, prévues en octobre, qui en sont la cause. La CSU craint que les projets de Merkel menacent de coûter encore plus de votes au parti. Seehofer espère récupérer certains des votes qu'elle a perdus au profit du parti d’extrême droite Alternative für Deutschland (AfD), grâce à des positions plus fermes en matière d'immigration.

La CDU et la CSU, réunies la plupart du temps au gouvernement allemand depuis 1949

Si les deux partis ne parviennent pas à trouver un accord dans les prochains jours, c’est la scission d'une coalition politique présente dans le gouvernement allemand depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale qui se profile. Mais il y a beaucoup plus en jeu : la rupture avec la CSU signifierait aussi la fin du gouvernement de coalition actuel, formé avec la CDU, la CSU et le SPD.

De nouvelles élections seraient du pain béni pour le parti anti-immigration AfD, qui, selon un récent sondage de RTL/NTV, obtiendrait 2,5 % de votes de plus qu'aux dernières élections, tandis que la CDU/CSU (-3 %) et leur partenaire de coalition, le SPD (-4 %), perdraient des suffrages.

Horst Seehofer et Angela Merkel

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