Un avion de la compagnie Ryanair et un autre de la compagnie easyJet se côtoient sur le tarmac d'un aéroport

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Economie

L'UE demande aux compagnies aériennes de se préparer à un "no deal-Brexit"

Tandis que les politiciens continuent de se plier aux conditions du Brexit dans les salles de réunion de Bruxelles et de Londres, de plus en plus d'entreprises britanniques et européennes spéculent qu'aucun accord ne sera finalement conclu. Un "no deal" ('pas d'accord') vaut toujours mieux qu'un "bad deal" ('mauvais accord') semble être le raisonnement qui prévaut désormais.

Un certain nombre d'événements pointent au moins dans cette direction :

  • Pour commencer, les investissements au Royaume-Uni ont été réduits. Moins l'investissement est important, plus l'importance d'une période de transition pour les Britanniques est réduite. Si les négociations perdurent, il est probable que les Britanniques décideront que le prix politique d'un accord négocié sera trop élevé et les avantages trop faibles.
Theresa May et Jean-Claude Juncker

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Ensuite, il y a les chiffres concrets : 

  • L'investissement dans l'industrie automobile britannique a chuté de 647 millions de livres britanniques à 347 millions de livres entre juin 2017 et mai 2018,  selon les chiffres de la Society of Motor Manufacturers and Traders (SMMT). C'est le montant le plus bas depuis la crise financière et selon la SMMT, la conséquence du manque de clarté dans le processus du Brexit.
  • BMW  s'interroge sur  les investissements qu'il doit réaliser au Royaume-Uni. Cela n'a pas tellement de conséquences pour l'usine BMW d'Oxford, où la Mini est produite, ou pour les pièces détachées produites au Royaume-Uni pour les usines allemandes de BMW.
  • Selon Politico, la Commission européenne a demandé aux diplomates d'informer leurs aéroports et compagnies aériennes sur le continent qu'ils  doivent se préparer à un "no deal-Brexit". Tous les accords avec le Royaume-Uni expireront pendant la nuit en cas de “hard Brexit”. Le Royaume-Uni quitterait donc immédiatement l'Agence européenne de la sécurité aérienne.
  • Le journal allemand Handelsblatt a publié jeudi les résultats d’une enquête auprès des entreprises allemandes actives au Royaume-Uni. Elles se disent déjà bien avancées dans leurs préparatifs pour un “hard Brexit”. 44 % ont déjà déménagé leurs chaînes d'approvisionnement, tandis que 72 % affirment qu’elles se préparent énergiquement à le faire. 47 % des entreprises allemandes ont reporté leurs investissements au Royaume-Uni, tandis qu'un tiers des entreprises ont cessé d'investir. 

Des dégâts économiques ont déjà été enregistrés

La situation à laquelle on assiste aujourd'hui ne présage rien de bon, car dans le cas d'un “soft Brexit”, on ne pourra pas faire marche arrière instantanément sur de telles décisions. Les personnes qui suivent de près les tenants et les aboutissants à Bruxelles pensent que la situation doit d'abord se détériorer avant de pouvoir s'améliorer. Mais les dégâts économiques qui auront été causés menacent d'être plus importants que les coûts relatifs d'un “hard Brexit”, car ces coûts auront déjà été engagés à ce moment-là. Les initiés voient donc de plus en plus un hard Brexit comme une réelle possibilité.

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