Manifestations contre la dépréciation du rial en Iran

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Politique

Iran: des milliers de commerçants manifestent pour protester contre l'effondrement du rial

En Iran, le Grand Bazar de la capitale Téhéran a été fermé aujourd’hui, en raison de manifestations de masse contre la hausse des prix et la dépréciation du rial iranien. La dernière fois que l’on avait assisté à des manifestations de cette ampleur, c’était en 2012. La nouveauté, c’est que les manifestants scandent “Mort à la Palestine”.

Les commerçants du Grand Bazar ont fait grève pour protester contre la hausse des prix et l'effondrement du cours de la monnaie locale et se sont rassemblés sur la place en face de ce bazar, un endroit symbolique, puisqu’il a été le point de départ des manifestations qui ont abouti à la Révolution islamique des ayatollahs en 1979.

"Mort à la Palestine"

Les manifestants ont scandé : "Mort à la Palestine", "Non à Gaza, non au Liban" et "Quittez la Syrie et pensez à nous". On pouvait également entendre “Nous ne voulons pas des ayatollahs” et "Mort au dictateur” de temps à autre. C’est d’autant plus remarquable, qu’habituellement, c’est plutôt “Mort à Israël” ou “Mort à l'Amérique” que l’on a coutume d’entendre dans les manifestations iraniennes.

L'Iran utilise les recettes du pétrole pour financer des belligérants alliés

Les manifestants reprochent à leur pays d’avoir dépensé des fortunes pour soutenir des belligérants de conflits au Moyen-Orient, et des groupes terroristes, plutôt que de les utiliser pour remédier aux difficultés économiques du pays, auxquelles la population est confrontée.

La République islamique utilise les recettes pétrolières de l’Etat pour financer des groupes terroristes dans la région. Ces dernières années, l'Iran a soutenu le Hamas, le Mouvement du Jihad islamique, le Hezbollah libanais, les rebelles houthis du Yémen et les milices chiites en Irak. Le pays aurait également déboursé 6 milliards de dollars (environ 5,1 milliards d’euros) pour aider le gouvernement du président Bashar Assad en Syrie depuis le début des hostilités dans ce pays en 2011.

Le rial en chute libre depuis le retrait des États-Unis de l'accord nucléaire iranien

Au marché noir, le dollar cote 90 000 rials iraniens, contre 43 000 au début de cette année. Les entreprises privées iraniennes souffrent de sous-investissement chronique, les bilans des banques iraniennes sont grevées de créances douteuses et l’on enregistre des niveaux record de chômage, qui dépassent 33 % pour les moins de 30 ans.

La sortie des États-Unis de l’accord nucléaire iranien, et le retour des sanctions sur l’Iran récemment décidés par le président américain Donald Trump, n’ont rien arrangé. De grands groupes étrangers qui avaient développé un courant d’affaires avec le pays ont décidé d’y mettre fin. Les autres parties prenantes de l’accord tentent de le sauver, mais ses chances de survie sont ténues.  

À la fin du mois de décembre et au début du mois de janvier, les Iraniens étaient déjà massivement descendus dans les rues pour se plaindre de leurs difficultés économiques. 25 personnes ont trouvé la mort et près de 5 000 autres ont été arrêtées.

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