A Wizz Air Aircraft

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Economie

Pendant des années, Ryanair semblait invulnérable, mais cette startup hongroise est définitivement une menace

La compagnie aérienne hongroise low-cost Wizz Air défie de de plus en plus son homologue irlandaise Ryanair, montrent ses résultats financiers récemment publiés. Wizz connaît une forte croissance et elle est déjà la plus grande compagnie aérienne en Europe de l'Est. Mais dès sa création en 2004, son CEO et fondateur Jozsef Varadi avait déjà clairement affirmé son ambition de conquérir l’ensemble de l’Europe.

Depuis 20 ans, Ryanair a assuré sa suprématie dans le secteur aérien en Europe en copiant le business model de la compagnie aérienne américaine Southwest, explique The Economist. Pendant longtemps, elle n’avait aucun concurrent susceptible de poser un véritable danger pour elle. easyJet et Norwegian, les deux challengers les plus sérieux, n’ont pas été capables de réduire leurs coûts comme Ryanair a réussi à le faire.

Wizz en pleine explosion

Mais les résultats financiers de Wizz semblent prouver que cette dernière est sur le point de réussir. En 2017, elle a réalisé un chiffre d'affaires de plus de 1,9 milliard d'euros, dont 1,1 milliard d'euros proviennent de la vente de billets, et 816 millions d'euros de la vente d’extras. Par rapport à 2016, la croissance des revenus a été de 24%. Le bénéfice net a augmenté de 22,1 % pour atteindre 275 millions d'euros. Au total, la compagnie aérienne hongroise a transporté 29,6 millions de passagers. Cela signifie une augmentation de 25 % par rapport à l'année précédente. Wizz Air a également récemment mis en service son centième avion. La compagnie propose plus de six cents liaisons.

L’année dernière, Wizz Air a recruté plus d’un millier de personnes, c’est à dire le double du nombre des embauches en 2016. Et ce n’est pas fini, puisqu’en février, elle a engagé la construction d’un nouveau centre de formation pour les 1400 recrues qu’elle envisage déjà d’engager l’année prochaine. 

Mûre pour la conquête de l'Ouest

Jusqu'à présent, la société hongroise s'est principalement concentrée sur les vols entre l'Europe de l’Est et l’Europe de l’Ouest, qui intéressent les migrants et les touristes. Mais Varadi estime que désormais, la compagnie est mûre pour proposer des vols en Europe de l’Ouest. Une division britannique a été créée en mai, qui propose des liaisons vers l’Islande et l’Italie au départ de Londres. Il capitalise sur les récentes difficultés de Ryanair, qui éprouve de plus en plus de difficultés à recruter des pilotes... et à les garder

De son côté, Wizz peut miser sur sa base. La Hongrie est l'un des pays de l'Union européenne où les coûts de main-d'œuvre sont les plus faibles, ce qui lui permet de pouvoir proposer des billets d’avion à des prix très attractifs tout en offrant des salaires intéressants selon les normes locales pour ses équipages de cabine.

L'écart se creuse avec Ryanair 

Ryanair peut encore compter sur sa taille et son statut, ce qui signifie qu’elle peut acquérir ses avions pour moins cher que Wizz. Mais cet écart se réduit, grâce aux bénéfices réalisés par cette dernière, qui lui permettent d’emprunter toujours moins cher, affirme Varadi. En outre, sa société peut bénéficier de l’appui d’Indigo Partners, un investisseur qui est aussi l’un des investisseurs de la première heure de Ryanair, pour obtenir des remises importantes sur l'achat de nouveaux appareils.

Ryanair se prépare depuis longtemps à l'arrivée d'un rival potentiel. La compagnie irlandaise mise sur la vente de ses billets pour étoffer son offre de services touristiques annexes, comme la la réservation de chambres d'hôtel, ou de voitures de location, par exemple.

Kenny Jacobs, le responsable marketing de la compagnie, explique qu’il veut faire du site de Ryanair l’“Amazon du voyage”, où les clients trouveront également les billets des autres compagnies aériennes. “Ryanair ne trébuche pas, mais sa diversification montre ce que Wizz a déjà réalisé”, conclut le journal.

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