Crew members check the condition of a helicopter on the flight deck aboard the U.S. Navy's Amphibious Transport Dock 'USS San Antonio' in the Baltic Sea port of Gdynia, Poland, 07 June 2015 ahead of the NATO-led 'Baltops' exercise.

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Politique

La Norvège demande à l'OTAN un doublement de la présence des US Marines sur son sol

La Norvège, l’un des pays fondateurs de l’OTAN en 1949, s’apprête à solliciter officiellement le doublement de la présence militaire américaine sur son territoire. Cette décision risque de susciter la colère de Moscou, affirment les observateurs.

La Norvège a annoncé qu'elle allait demander aux États-Unis de doubler les effectifs des Marines américains basés sur son sol, et de les stationner plus au nord. Depuis le début de l'année dernière, 330 US Marines américains sont basés à Vaernes, dans le centre du pays, selon un système de rotations. Oslo souhaiterait que cet effectif passe à 700, et que ces militaires soient stationnés à Setermoen, une ville située à environ 400 km de la frontière avec la Russie. En outre, le pays voudrait que ce dispositif dure 5 ans, au lieu des 6 mois renouvelables qui avaient été prévus jusqu’ici.

L'appel du B9

Cette annonce fait suite à un appel lancé vendredi par neuf pays situés le long du flanc est de l'OTAN (la Pologne, la Hongrie, la République Tchèque, la Slovaquie, la Bulgarie, la Roumanie, l'Estonie, la Lituanie, et la Lettonie), surnommés le groupe des “Bucharest Nine”, ou “B9”, et qui se sont rencontrés à Varsovie vendredi dernier. Le groupe a plaidé pour une “présence renforcée” de l'Alliance atlantique sur leurs territoires. En particulier, ils souhaitent que l’on ajoute des forces navales et aériennes à cette présence pour “parvenir à un spectre complet”. 

Au cours des deux dernières années, l'OTAN a renforcé ses défenses en Europe centrale et orientale, suite à l’annexion de la Crimée par la Russie en 2014. Des unités de combat multinationales ont notamment été déployées en Pologne et dans les États baltes. En février dernier, lors d'une visite à Oslo, le chef de l'OTAN et ancien Premier ministre norvégien Jens Stoltenberg avait évoqué une “Russie plus affirmée”.

L'appel a été fait à l'OTAN, et non aux Etats-Unis, précise la Norvège

La Russie et la Norvège partagent environ 200 kilomètres (120 miles) de frontière terrestre ainsi qu'une ligne de délimitation maritime qui s'étend à travers la mer de Barents et l'océan Arctique, en vertu d'un traité conclu à Mourmansk en 2010. L’année dernière, l’installation de troupes américaines à Vaernes avait déjà irrité Moscou. L'ambassade de Russie à Oslo avait critiqué ce déploiement à plusieurs reprises.

La Norvège a dûment précisé que son invitation portait sur les entraînements de l'OTAN en vue d’améliorer la préparation des troupes au combat hivernal. “Les alliés s'entraînent mieux ensemble. Pour que cet appui puisse fonctionner en temps de crise et de guerre, nous sommes totalement tributaires d'entraînements et d'exercices communs en temps de paix”, a déclaré le ministre de la Défense, Frank Bakke-Jensen.

Le ministre des Affaires étrangères, Ine Eriksen Soreide, a indiqué que la demande d'Oslo avait recueilli un large soutien du parlement norvégien. Elle souligne qu'il n'y aura “pas de bases américaines sur le sol norvégien”, et ne voit donc “aucune raison sérieuse pour laquelle la Russie devrait réagir, même si nous nous attendons à ce qu'elle le fasse à nouveau cette fois-ci puisqu'elle le fait toujours suite aux exercices et à l'entraînement des alliés”.

La Pologne et l'Estonie

La présente demande n’est donc pas adressée aux Etats-Unis en tant que nation, mais en tant que membre de l’OTAN. Elle n’est pourtant pas sans rappeler la proposition que le gouvernement polonais a adressée au gouvernement américain à la fin du mois dernier, pour l’inviter à installer une base militaire permanente en Pologne. Et en avril dernier, Kersti Kaljulaid, la présidente de l’Estonie, avait exhorté les États-Unis à déployer des missiles "Patriot" et des troupes sur le territoire de son pays.

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