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Politique

Salvini applique son plan anti-migration en refusant des navires d'ONG

Dimanche, le ministre de l'Intérieur italien a annoncé qu'il interdisait à l'Aquarius, un navire de sauvetage transportant 629 migrants, d'accoster en Italie. Ce lundi, il applique cette même interdiction à un bateau allemand et réitère sa volonté de fermer les ports du pays aux migrants sauvés en mer.

Avec 629 migrants à son bord, l'Aquarius, un navire de l'ONG française "SOS Méditerranée" erre actuellement en Méditerranée à la recherche d'un port d'accueil. Les ports d'Italie lui ont été refusés dimanche par le ministre de l'Intérieur Matteo Salvini qui les a redirigés vers l'île de Malte.

Malte a également refusé, arguant que puisque l'ONG avait recueilli les migrants dans les eaux libyennes, ces derniers relevaient de la juridiction italienne. Trois maires de villes italiennes ont publiquement annoncé que leurs villes étaient prêtes à passer outre l'interdiction et à accueillir le navire.

Sea Watch 3

Ce lundi, c'est le navire Sea Watch 3 qui risque de subir le même sort. Ce bateau abritant une ONG allemande et battant pavillon néerlandais, est au large des côtes de la Libye "en attendant de faire un énième chargement d'immigrants à débarquer en Italie", a tweeté Salvini.

Le ministre italien a proféré les mêmes menaces à son encontre qu'à l'encontre de l'Aquarius: "L'Italie a cessé de baisser la tête et d'obéir, cette fois-ci IL EST NÉCESSAIRE de fermer les ports". Et qu'importe si ces navires transportent des centaines de migrants dans des conditions de santé inquiétantes. Sur l'Aquarius, par exemple, sept femmes sont enceintes... 

Le programme de la Lega

Fraîchement nommé ministre des Affaires intérieures italiennes, Matteo Salvini est également le leader de la Lega (la Ligue). Depuis son arrivé au pouvoir, Salvini ne fait qu'appliquer ses promesses de campagne. L'objectif principal de ce parti d'extrême droite est de refouler les migrants pour les renvoyer de l'autre côté de la Méditerranée.

Depuis 2013, l'Italie a vu passer quelques 700.000 migrants. Salvini a déclaré dimanche dernier qu'il ne voulait pas que son pays devienne "le camp de réfugiés de l'Europe".

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