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Economie

La capitulation de Rome?

Les banques françaises sont celles qui ont le plus à perdre dans la crise en Italie. C'est ce que montrent les chiffres de la Banque des Règlements Internationaux. Les banques allemandes et espagnoles leur font suite, mais elles sont beaucoup moins exposées. 

Les banques françaises sont celles qui ont le plus à perdre dans la crise en Italie. C'est ce que montrent les chiffres de la Banque des Règlements Internationaux (rapportés par Holger Zschaepitz). Les banques allemandes et espagnoles leur font suite, mais elles sont beaucoup moins exposées. Mais ce qui illustre le mieux la menace posée par une nouvelle crise dans la zone euro est un commentaire publié dans le quotidien allemand Frankfurter Allgemeine

Ce dernier indique que le président français Macron insiste depuis son entrée en fonction sur la mise en place d'un système de garantie des dépôts européen, "pour que l' Allemagne supporte les pertes réalisées par les banques françaises en Italie".  Pourtant, Macron et l'Europe pourraient bien devenir les grands perdants, maintenant qu'une cascade d'événements pousse l'Union vers la désintégration plutôt que vers une intégration plus poussée.

Selon les chiffres de la BRI, les Français seraient exposés à hauteur d'environ 311 milliards de dollars (environ 269 milliards d'euros) sur les banques italiennes. La moitié de cette exposition concerne BNP Paribas, propriétaire de la banque italienne Banca Nazionale del Lavore.

"Un coup d’État"

Le chaos politique en Italie ne fait que s'amplifier, depuis que les dirigeants du Mouvement Cinq étoiles (M5S) et de la Lega ont appelé le peuple à à descendre en masse dans les rues le 2 juin prochain et à réclamer de nouvelles élections après le veto du président Sergio Mattarella sur la nomination de l'eurosceptique Paolo Savona en tant que ministre des Finances.

Selon les derniers sondages, ces élections renforceraient encore la position du M5S et de la Lega, ce qui les rendrait totalement incontournables au parlement italien. Un Macron italien n'est en tout cas pas encore en vue.

Les politiciens populistes de différents pays en profitent pour sauter sur le wagon eurosceptique. Ce tweet de Marine Le Pen - qui avait été marginalisée après l'élection présidentielle française de l'année dernière - est très révélateur à cet égard.

Six mois de chaos

Le chaos en Europe - en Italie, mais aussi en Espagne, en France avec les grèves en France et au Royaume Uni avec le Brexit prolongé - ne devrait qu'empirer dans les mois à venir, avec des partis d'opposition mieux organisés et plus puissants que lors de la crise de l'euro en 2011.

Toutes les bourses européennes ont chuté mardi, et les banques ont été particulièrement touchées. La plus grande perdante est la Deutsche Bank, qui cote désormais moins que notre KBC.

Le taux d'intérêt sur les obligations souveraines italiennes à 2 ans a augmenté de 2 % au cours des deux dernières sessions d'échanges, un mouvement qui est interprété par certains comme une «capitulation».

Ignazio Visco, le gouverneur de la Banque d'Italie, prévient également dans une intervention rare que le pays ne se trouvait «qu'à quelques pas du risque très grave de perdre l'actif irremplaçable de la confiance». "Nous pouvons critiquer l'UE et nous pouvons ne pas être d'accord avec tout, mais nous devons tenir nos engagements".

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