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Economie

Le célèbre État providence suédois menacé par un casse-tête de ressources humaines

La Suède a un problème peu banal: d'ici 2025, on s'attend à ce que sa population active croisse de 207.000 personnes. Mais simultanément, le pays devra recruter 124.000 nouveaux fonctionnaires, soit 60% de ces nouveaux actifs, une proportion qui semble irréaliste et qui risque de poser des difficultés sur le marché du travail.

Le secteur public est déjà le plus gros employeur de Suède, et entre 2007 et 2017 il a absorbé environ 30 % des 488 000 nouveaux arrivants sur le marché du travail.

La croissance démographique

Mais un rapport annuel de l'Association suédoise des Autorités Locales et des Régions (SKL) montre qu'en raison de l'évolution démographique du pays, le secteur public risque de connaître une pénurie de main-d'œuvre sans précédent qui pourrait menacer l'ensemble du système social suédois.

La population actuelle de la Suède est de 10 millions d'habitants, et elle devrait passer à 11 millions d'ici la prochaine décennie. Cette forte hausse est directement imputable à l'immigration. La Suède a en effet accepté plus de migrants par personne que la plupart des autres pays européens pendant la crise des réfugiés de 2015. Mais cette générosité a aussi son revers : cet afflux de personnes exerce une pression supplémentaire sur le système social du pays, déjà mis à l'épreuve par le vieillissement de la population.

L’État ne peut pas concurrencer les entreprises privées

Annika Wallenskog, économiste en chef de cette association, explique que les autorités locales et les entreprises privées ne peuvent se faire concurrence pour les mêmes travailleurs. Le gouvernement devra donc trouver une solution pour remédier à la pénurie de main-d'œuvre. Par exemple, il faudra intensifier l'automatisation de certaines tâches, réduire au maximum le travail à temps partiel, et éventuellement, étendre la durée de la vie active, afin de réduire les besoins de recrutement.

Une hausse des impôts?

Le rapport du SKL indique également que pour maintenir l'actuelle générosité de l'État-providence suédois, de nouveaux financements seront nécessaires, ce qui suggère qu'il faudra aussi augmenter les impôts. Des élections législatives sont prévues en Suède pour le mois de septembre, il n'est donc pas évident que cet aspect soit largement ébruité.

Pendant les dernières années, la Suède a bénéficié d'un taux de croissance dynamique, qui a permis au gouvernement de présenter un excédent budgétaire, et de ramener l'endettement du pays à son plus bas niveau depuis 1977. Mais plus récemment, le rythme de développement de l'économie s'est ralenti, et les 5 milliards de couronnes suédoises (environ 485 millions d'euros) que le gouvernement a promis de verser aux autorités locales chaque année ne suffiront pas.

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