Tesla Model S on display on Feb 15, 2015 in Palo Alto, CA. Tesla is an American company that designs, manufactures, and sells electric cars

© iStock/maislam

Tech

L'autre coup dur de Tesla: la fuite des cerveaux

Elon Musk, le CEO de Tesla, assure invariablement que l'entreprise est vouée à réussir, mais la fuite des cadres de haut niveau qui s'intensifie au sein de l'entreprise ne présage rien de bon pour l'avenir du constructeur.

Musk a annoncé que l'entreprise allait connaître une "réorganisation rigoureuse", impliquant "la suppression d'activités", afin de se préparer pour l'avenir: "Comme partie intégrante de la réorganisation, nous réduisons la structure de management pour améliorer la communication, en combinant les fonctions lorsque cela est judicieux, et en supprimant les activités qui ne sont pas vitales au succès de notre mission".

Mais les employés qui feront probablement les frais de cette réorganisation ne sont pas les seuls à quitter l'entreprise. La semaine dernière, Matthew Schwall, qui était en charge des relations avec les instances de surveillance en matière de sécurité, a annoncé qu'il rejoignait Waymo, le constructeur de voitures autonomes du groupe Alphabet (Google).

De même, Doug Field, directeur du développement, a annoncé qu'il allait s'absenter "pour se ressourcer" et passer un peu de temps avec sa famille, sans indiquer la date prévue pour son retour. Son départ intervient alors que Musk lui a récemment repris la direction de la production, qu'il lui avait confiée un an plus tôt, en plus de la direction de l'ingénierie. On ne sait pas si les deux événements sont liés...

Une hécatombe

Et ce ne sont là que les derniers départs. Sur les derniers mois, en effet, de nombreux autres cadres ont été limogés, ou ont donné leur démission. Jim Keller, qui était en charge du développement du processeur d'intelligence artificielle de Tesla, est parti chez Intel, en avril. En mars, c'était Eric Branderiz, le chef comptable, et Susan Repo, trésorière et vice-présidente du département financier, qui avaient disparu des effectifs de l'entreprise. Et en février, John McNeill, le responsable des ventes internationales, avait été débauché par Lyft, un concurrent d'Uber, qui lui avait proposé le poste de COO de l'entreprise.

"L'incinérateur de cash"

Ce sont autant de coups durs pour l'entreprise qui est étroitement surveillée par les marchés financiers, en raison de ses problèmes de production de sa Model 3, et dont on a appris qu’elle a brûlé 2,7 milliards de dollars de cash (environ 2,3 milliards d'euros) rien qu’entre janvier et mars de cette année. En 2017, elle avait dépensé 3,4 milliards de dollars (environ 2,9 milliards d'euros) pour l'ensemble de l'année.

A ce rythme, certains analystes estiment qu’il sera nécessaire pour la firme de lever de nouveaux capitaux dès le début de l’année prochaine, ce que Musk a réfuté.

Des promesses

Au début de ce mois, Musk a adressé un courrier aux actionnaires leur promettant que le constructeur atteindrait son objectif de production de 5.000 véhicules par semaine d'ici cet été. Cet objectif lui permettrait en effet de dégager de la trésorerie, et de devenir rentable à terme.

Mais l'ambitieux CEO a déjà échoué 2 fois à tenir cette promesse. Le constructeur n'a produit que 9766 de sa Model 3 au premier trimestre, alors que Musk s'était engagé à en produire 2500 par semaine à la fin du mois de mars 2018. Dans ce même courrier, il reconnaissait que l'entreprise avait été automatisée trop rapidement.

L’incapacité de la firme à tenir ses objectifs de production a motivé l’agence de notation Moody’s à dégrader sa cote de crédit, la faisant passer de "B3" à  "Caa1", avec une perspective négative à la fin du mois de mars.

Sur le même sujet :