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© Pixabay/Hans Schwarzkopf

Economie

Désastre environnemental: de plus en plus d'îles sont louées à la journée

Les super-riches témoignent d'un grand intérêt pour des vacances sur des îles isolées où il ne faut pas tenir compte d'un voisin et où il ne faut pas craindre de devoir se mêler à des étrangers. Cependant, cette tendance entraîne la disparition du caractère aventureux de ce style de vacances, écrivent les journalistes Tom Hale et Fergus Peace dans le Financial Times.

En outre, de gros investissements sont souvent réalisés pour augmenter le confort de séjour sur ces îles et cela s'accompagne dans la plupart des cas de graves conséquences pour l'environnement. En divers endroits, on observe notamment des actions de rejet de la part  d'opposants et de membres des communautés locales. 

Style de vie insulaire

"Les super-riches profitent souvent plus d'un séjour aventureux sur une île que d'un séjour dans un hôtel très cher dans des lieux exclusifs", explique Chris Krolow, fondateur de la plate-forme Private Islands Online, dans un entretien accordé au Financial Times. Sur cette plate-forme, plusieurs centaines d'îles sont à louer ou à vendre.

Le marché locatif des îles privées est relativement nouveau. Dans un rapport de 2015, le groupe immobilier Savills a prédit que si les dix dernières années ont été placées sous le signe d''investissements dans l'immobilier exclusivement urbain, les dix prochaines années seront marquées par un intérêt croissant pour le style de vie insulaire.

La préférence va souvent cependant à la location d'une île pour une courte période. Il y a en effet tellement d'îles à louer qu'une location brève est souvent le meilleur choix.

Par ailleurs, Internet permet aux personnes intéressées de rechercher une location adéquate dans le monde entier. Selon Yolande Barnes, directrice de Savills World Research, la technologie a également contribué à rendre la vie sur ces îles plus viable. "La technologie permet à ces îles de fonctionner en auto-suffisance". Cela se voit dans des domaines tels que l’infrastructure et l'ingénierie. Les îles sont ainsi équipées de stations d'épuration qui permettent de rendre l'eau potable.

Écosystèmes

Ces interventions ne sont pas accueillies par tous avec enthousiasme. Les projets de Royal Caribbean International de construire sur l'île Coco dans les Bahamas, une station exclusivement touristique, se sont heurtés à l'opposition farouche de la population locale, qui s'inquiète de l'impact de cette initiative sur l'écosystème océanique.

Selon les opposants, même des projets à plus petite échelle affectent l'érosion du sol et la qualité de l'eau pour les communautés voisines. Au Canada, le Nova Scotia Nature Trust a été fondé pour acheter l'archipel des 100 Wild Islands, afin qu'elles échappent à l'industrie touristique.

"Ces initiatives touristiques détruisent souvent complètement les écosystèmes des îles", explique Bonnie Sutherland, directrice du Nova Scotia Nature Trust. "De magnifiques forêts arcadiennes sur ces îles sont défrichées pour devenir la pelouse de quelqu'un." En outre, il faut craindre un impact négatif sur les populations de saumon sauvage.

85% de l'archipel est protégé. Une partie des îles a pu être vendue, mais un accord a été conclu avec certains propriétaires pour soumettre l'utilisation future de ces lieux à des limites sur le plan environnemental.

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