Mark Zuckerberg account on Facebook

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Facebook peut-il devenir payant ?

Au cours des dernières semaines, Facebook a mené une étude de marché pour savoir si l'introduction d'un abonnement payant dissuaderait les internautes de rejoindre le réseau social. Ces investigations font suite au scandale "Cambridge Analytica", lié à la divulgation des données personnelles de près de 80 millions d'internautes.

Suite à ce scandale, la cote de popularité et de confiance de Facebook a beaucoup décliné auprès du public. Un hashtag, “#deletefacebook”, qui invite les utilisateurs à supprimer leur compte Facebook, a vu le jour.

Une revue des pratiques de collecte de données

Depuis, la firme procède à un examen minutieux de ses procédures en matière de collecte des données, et elle étudie des mesures pour sécuriser ces dernières, et regagner la confiance des utilisateurs. Les dirigeants de l'entreprise se demandent également si le réseau social devrait continuer de proposer des services de publicité aux organisations politiques.

"Nous traversons un grand changement philosophique au sein de notre entrepris", a déclaré le CEO de la firme, Mark Zuckerberg, lors de son audition devant le Congrès, au début du mois d’avril, insinuant qu’une réflexion était en cours pour proposer une offre payante. Mais il avait tempéré ses propos :  "Il y aura toujours une version de Facebook qui sera gratuite. C'est notre mission de connecter les gens partout dans le monde et pour cela, nous estimons que nous devons apporter un service à la portée de toutes les bourses".

Par le passé, la firme a toujours vanté la gratuité de ses services comme une vertu, et elle redoute l’indignation que susciterait l’introduction d’une version payante après s’être gargarisée avec sa générosité pendant tant d’années.

La majorité des utilisateurs quitteraient le navire, si Facebook devenait payant

C'est dans ce contexte que la firme de marketing Alpha a mené une étude de marché auprès de 1163 utilisateurs américains de Facebook pour déterminer s'ils cesseraient d'utiliser le réseau social au cas où celui-ci renoncerait à leur diffuser de la publicité (et donc à percevoir les recettes publicitaires correspondantes) et commençait à facturer 1 dollar par mois pour l'utilisation des fonctionnalités de messagerie privée, de consultation des événements, ou de consultation de l'actualité des groupes, sans plus avoir à subir la publicité. 

Elle conclut que dans tous les cas, une grande majorité d'entre eux (plus de 80 %) quitterait Facebook.

Néanmoins, lorsque l'on demandait aux utilisateurs s'ils avaient déjà quitté un réseau social par le passé, 38 % ont répondu “aucun”, et 33 % ont cité MySpace. Cela suggère qu'un certain nombre d'utilisateurs continuerait d'utiliser Facebook quoi qu'il arrive, car il leur serait difficile de migrer vers un substitut acceptable.

Néanmoins, les personnes sondées ont tout de même exprimé leurs doutes concernant la capacité du réseau social à respecter la confidentialité de leurs données. 26 % d'entre elles se sont déclarées extrêmement inquiètes concernant ce point, et plus de 80 % d'entre elles ont fait part d'une inquiétude plus ou moins importante.

Quel montant pour un abonnement mensuel ?

On peut également soulever la question de la validité de l’hypothèse d’un abonnement de Facebook à 1 dollar mensuel, ce qui semble très irréaliste. En effet, le prix d’un abonnement mensuel devrait compenser les pertes des recettes publicitaires de Facebook.

Aux États-Unis et au Canada, Facebook a gagné 19,9 milliards de dollars (Environ 16,7 milliards d'euros) en 2017, grâce à ses 239 millions d'utilisateurs. Cela implique qu'un utilisateur moyen rapporte 7 $ par mois à Facebook en recettes publicitaires. Mais en pratique, les Américains du Nord, qui disposent d'un revenu par tête supérieur à celui de nombre de pays, et qui passent plus de temps sur Facebook, consomment plus de publicités que les utilisateurs des autres régions du monde. Pour cette raison, le réseau social devrait plus logiquement leur facturer un abonnement entre 11 et 14 dollars par mois pour compenser la perte de ses recettes publicitaires.

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