A handout photo made available by Miraflores Press shows Venezuelan President Nicolas Maduro during a campaign event in La Guaira, Venezuela, 02 May 2018

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Economie

Au Venezuela, Maduro clame qu'il "prendra les armes" pour défendre la révolution bolivarienne

Au Venezuela, le président Nicholas Maduro a menacé de prendre les armes et de mener une révolution si le pouvoir tombait entre les mains d'un gouvernement qui souhaiterait "livrer les richesses du pays à des forces impérialistes".

Maduro fait actuellement campagne pour renouveler son mandat de 6 ans lors des élections qui se tiendront le 20 mai prochain.

Défendre arme au poing la révolution bolivarienne

"Si un jour un gouvernement au pouvoir voulait livrer toutes nos richesses, je serai le premier à sonner l'alarme, à me saisir d'une arme et à commencer une révolution armée avec le peuple, si nécessaire", a-t-il déclaré mercredi lors d'un discours donné à Vargas devant une foule de sympathisants. Selon le président, "l'unique proposition" de son opposant principal, Henri Falcon, est de "livrer le pays aux gringos et aux oligarques européens".

Maduro est au pouvoir dans le pays depuis 2013, et ce n'est pas la première fois qu'il se déclare prêt à faire appel à la violence pour défendre la "révolution bolivarienne". Il a également indiqué que l'opinion du monde concernant la transparence du processus électoral vénézuélien lui était totalement indifférente: "Je me fiche de ce que l'Europe peut dire. Je me fiche de ce que Washington peut dire. Tout ce qui m'importe, c'est ce que la jeunesse du Venezuela, les femmes du Venezuela et les travailleurs du Venezuela disent. C'est ça qui est important pour moi".

L'hyper-inflation

Son opposant Falcon défend le projet de "dollariser" l'économie vénézuélienne, en remplaçant la monnaie locale par le dollar. Il explique que des pays voisins, tels que le Salvador, l'Équateur et le Panama ont adopté cette formule qui permet aux pays d'éviter d'imprimer de nouveaux billets, ce qui stoppe immédiatement l'inflation. Il propose également de favoriser les investissements étrangers pour remédier à la grave crise économique auxquelles le pays est confronté.

Le taux d'inflation du pays, le plus élevé du monde, est en effet passé de 4966% à 18 000% à la fin du mois d'avril, alors que le Fonds Monétaire International avait tablé sur une inflation de 13 864% sur l'ensemble de l'année 2018. Si cette tendance se poursuit, l'inflation pourrait dépasser 100 000% à la fin de cette année, indiquent des économistes.

Le gouvernement Maduro fait largement appel à la planche à billets pour financer le déficit budgétaire du pays, qui se monte à environ 20 % du PIB. Selon Alexander Guerrero, un économiste vénézuélien qui réside aux États-Unis, il s’agit là de l'une des causes majeures de l'hyperinflation qui sévit dans le pays. Et cela ne devrait pas s'arranger, car le gouvernement Maduro a augmenté les dépenses sur les programmes sociaux pour donner de nouvelles raisons aux Vénézuéliens de voter pour lui.

Un doublement du salaire minimum

Pour tenter d'adoucir la peine des Vénézuéliens, le gouvernement a décidé que le salaire minimum serait quasiment doublé, pour atteindre 2,5 millions de bolivars par mois. Malheureusement, ce qui semble être à première vue une mesure humaniste risque de générer encore plus d'inflation. La hausse du salaire minimum devrait se propager sur l'ensemble de l'économie, et être répercutée sur les prix de vente des produits et services.

L'hyper-inflation n'est que l'un des fléaux dont souffre le pays. L'économie du vénézuélienne s'est complètement effondrée en raison d'une mauvaise gestion et de la chute du prix du pétrole. Le Venezuela a tiré 1.000 milliards de dollars de recettes de ses ventes du pétrole, mais environ un quart de cette somme a été dérobé par des initiés. La population est confrontée à des pénuries de nourriture et de médicaments, ce qui a fait augmenter le taux de mortalité. Ces difficultés ont déclenché un exode, et selon la Brookings Institution, 4 millions de Vénézuéliens ont fui leur pays depuis 1999.

Le gouvernement a pris le contrôle de la plus grande banque privée du pays

Hier soir, on a appris que le gouvernement avait pris le contrôle temporaire de Banesco, la plus grande banque privée du pays, justifiant son intervention par la détection « d'irrégularités ». La banque était déjà au centre d'une enquête administrative ouverte au début du mois dernier.

11 cadres de direction ont été arrêtés. Le procureur général a expliqué qu’ils sont soupçonnés d’avoir spéculé sur le prix du dollar au marché noir, avec pour objectif de “détruire la monnaie vénézuélienne”. Selon le gouvernement Maduro, des mafias comploteraient pour faire effondrer le bolivar, la monnaie vénézuélienne, en fixant des taux de change pour le dollar sur le marché noir équivalents à plus de 12 fois ceux de la parité officielle.

Banesco a déclaré que ses agissements étaient “toujours conformes au droit et à la légalité". Au début de cette année, le numéro 2 du parti PSUV du président Maduro, Diosdado Cabello, avait affirmé dans une émission de télévision que le gouvernement voulait racheter la banque Banesco, afin de la nationaliser. Mais le lendemain, Juan Carlos Escocet, le président de la banque, avait indiqué que la banque n'était "pas à vendre".  

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