Rohingya refugee children in a makeshift camp at the beach at the Myanmar-Bangladesh border near the town of Maungsaw, Rakhine State, western Myanmar, 12 November 2017

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Politique

Il est maintenant possible de faire un don à l'Unicef en offrant la puissance de son ordinateur

L'Unicef a lancé une page sur Internet qui permet aux surfeurs qui la consultent de céder une partie de la puissance de leur ordinateur pour miner de la monnaie virtuelle. Ainsi, ils pourront effectuer des dons à son agence australienne sans débourser un centime.

La page, appelée « The Hopepage » (la page de l'espoir), a déjà été visitée par plus de 2600 personnes. Elle affiche une fenêtre pop-up intitulée « start donating » (commencer à donner). Les personnes qui auront cliqué ce bouton concéderont jusqu'à 80 % de la puissance de leur ordinateur pour miner une monnaie virtuelle, Monero. Plus elles resteront sur le site, et plus les sommes collectées seront importantes. Les fonds ainsi recueillis serviront à fournir de l'eau, de l'alimentation thérapeutique et des vaccins pour les enfants.

Monero

L'outil utilisé pour miner la monnaie virtuelle est Coinhive, la même application qui permet au média américain Salon.com d'exploiter les ordinateurs de ses visiteurs pour rétribuer la publication de ces articles, lorsque ces derniers refusent de désactiver leur adblocker, une application qui permet d’empêcher l’affichage de la publicité.

Monero présente la vertu d'être plus confidentiel que le bitcoin, car il fait l'impasse sur les informations concernant l'identité des utilisateurs. Même si cette monnaie virtuelle ne peut pas être utilisée comme moyen de paiement, elle peut être facilement convertie en monnaie fiat.

L'Unicef s'intéresse  la blockchain

C'est la 2e fois que l'Unicef se tourne vers les monnaies virtuelles pour se financer. Au mois de février, l'organisation avait lancé un site appelé Chaingers.io demandant aux visiteurs de miner de l'Ethereum au bénéfice des enfants syriens. Mais cette opération avait été un fiasco, et n'avait permis de lever que 996 €.

C’est plus particulièrement la blockchain qui intéresse l’Unicef, car l’Organisation pense que celle-ci peut l’aider à résoudre certains de ses problèmes. La traçabilité quasiment inaltérable qu’elle offre peut en effet réduire les pertes liées à la corruption, qui se montent à environ 30 % des budgets d’aide humanitaire de l’ONU. De plus, il sera possible de réaliser des portefeuilles en ligne basés sur l’identité pour les réfugiés. Ces fichiers pourront inclure toutes sortes de renseignements, tels que les droits aux aides, les diplômes, ou le dossier médical, notamment.

D'autres ONG adoptent aussi les monnaies virtuelles

Une autre organisation humanitaire, le World Food Program a également fait appel aux monnaies virtuelles (en l’espèces, à Ethereum) pour remettre des bons alimentaires pour une valeur de 1,4 million de dollars aux 10 000 réfugiés d’un camp en Jordanie.

Grâce à ce système, qui fonctionne avec un programme de reconnaissance d’iris installé dans les supermarchés du camp, il a été possible d’économiser 3,5 % de frais financiers.


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