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© EPA/Cristian Hernandez

Economie

La faim accable les travailleurs du secteur pétrolier vénézuélien

La production de pétrole devrait empêcher le Venezuela de sombrer économiquement. Cependant, même dans ce secteur, l'activité a chuté à son niveau le plus bas. La compagnie pétrolière vénézuélienne Petroleos de Venezuela, propriété de l'Etat (PdVSA), ne peut plus fonctionner correctement. 

L'entreprise, pivot économique du Venezuela, voit sa production diminuer à cause du manque de ressources financières pour l'entretien et les réparations. Par ailleurs, Petroleos doit également faire face à une pénurie d'employés. Cependant, un autre problème accable maintenant l’entreprise : la faim parmi ses effectifs, rapporte World Oil

Beaucoup de travailleurs sont actuellement mal nourris et n'ont plus la force de travailler.

Corruption

"Pour de nombreux employés, la recherche de nourriture pour leur famille est devenue plus importante que le travail", expliquaient les porte-paroles des syndicats vénézuéliens à la fin du mois de février. "Beaucoup d'employés démissionnent donc ou s'absentent. L'absentéisme et les démissions de masse font en sorte qu'il reste peu de personnes pour produire le pétrole qui permet à l'économie déchirée de continuer à fonctionner". 

Il y a seize ans, la production de Petroleos atteignait un niveau record de 3,3 millions de barils par jour, contre 1,77 million de barils au début de cette année.

Les problèmes à Petroleos ont commencé lorsque des gestionnaires compétents ont été remplacés par des fidèles du gouvernement socialiste et lorsque des revenus ont été canalisés vers des projets secondaires et vers toutes sortes d'activités de corruption. Finalement, il n'y a plus eu assez d'argent pour maintenir le fonctionnement et l'entretien conformes aux normes.

L'entreprise semble également être dans l'incapacité d'embaucher suffisamment d'employés. Cette situation se devrait principalement au manque de nourriture parmi la population. À cause de cette pénurie d'aliments, de nombreux Vénézuéliens ne sont plus en mesure de travailler. Selon une étude réalisée par trois universités du Venezuela, l'habitant moyen a perdu 12,5 kg en 2017. Plus de 61% des répondants ont également affirmé qu'ils avaient dû rester au lit affamés au cours des trois derniers mois.

Selon un dirigeant syndical de PDVSA, dans l'Etat de Zulia, 12 travailleurs sous-alimentés se se sont effondrés en novembre et ont dû être écartés des plate-formes de forage.

Travail de rêve

Pendant des décennies, Petroleos était un travail de rêve. L'entreprise fournissait aux travailleurs des emplois financièrement et socialement intéressants et leur offrait également de bons repas dans ses restaurants. De nos jours, tout cela a disparu.

De nombreux employés sont partis travailler en tant que chauffeurs de taxi, plombiers ou fermiers. Alors que certains luttent pour rester autant qu'ils le peuvent, d'autres préfèrent émigrer. Sur les murs d'un bureau des ressources humaines, un panneau indique que la limite des démissions est fixée à cinq par jour.

"La direction retient les travailleurs afin de stopper la fuite des cerveaux", a expliqué José Bodas, secrétaire général de la Fédération unitaire des travailleurs du pétrole vénézuélien

Dans la raffinerie de Puerto La Cruz, cinq cents employés ont démissionné au cours des douze derniers mois.

En raison de l'effondrement de l'économie vénézuélienne, de nombreux habitants ruraux du pays doivent se contenter d'un régime alimentaire d'à peine 400 calories par jour. Selon les scientifiques de l'Université centrale du Venezuela, l'autorité sanitaire recommande un minimum de 2.300 calories par jour. Selon John Hoddinott, nutritionniste à l'Université Cornell, au moins 3.600 calories par jour sont nécessaires pour effectuer un travail pénible.

Les employés impliqués risquent d'être affaiblis pour pouvoir intervenir rapidement et efficacement en cas d'urgence, de sorte que le risque d'accident augmente, ont expliqué les chercheurs. En raison de l'absentéisme croissant, les employés restants ont également moins de temps pour récupérer.

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