President Kersti Kaljulaid of Estonia participates in a news conference with US President Donald J. Trump and other leaders of Baltic Nations at The White House in Washington, DC, USA, 03 April 2018.

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Politique

L'Estonie demande aux États-Unis le déploiement d'effectifs et de missiles Patriot

Kersti Kaljulaid, la présidente de l’Estonie, a exhorté les États-Unis à déployer des missiles "Patriot" et des troupes sur le territoire de son pays. Elle a expliqué à l’agence France presse qu’il était nécessaire de rendre la dissuasion "plausible" pour la Russie.

Mardi, la présidente estonienne a rencontré le président américain Donald Trump à la Maison Blanche avec ses homologues lituanien et letton. En marge de cette visite, elle a expliqué qu’elle souhaitait un déploiement militaire américain pour compléter le dispositif existant mis en place par l’OTAN en réaction à l’attitude de plus en plus belliqueuse de la Russie.

"Nous voulons être sûrs que les territoires de l’OTAN et les soldats de l’OTAN sont bien protégés. Nous devons nous assurer qu’il y a une défense aérienne et que cette défense aérienne soutienne ces forces, au cas où ce serait nécessaire. Il faut que notre dissuasion soit plausible", a-t-elle dit.

L'OTAN a déjà déployé des effectifs en Estonie

L’OTAN a déjà déployé un dispositif militaire en Estonie, comprenant des unités du Royaume-Uni, de la France et du Danemark. Mais selon la présidente estonienne, il faudrait une présence au sol "sur une base rotative permanente". "Ce serait très utile pour calmer la nervosité. Certains pensent que l’OTAN met beaucoup de temps à agir, et que les États-Unis pourraient être plus rapides. Ce raisonnement se justifie".

Elle a précisé qu’elle n’avait pas évoqué cette proposition directement au président américain Donald Trump lors de son entrevue, mais que des négociations étaient en cours avec le gouvernement américain à ce sujet, notamment avec le ministre de la Défense Jim Mattis et le vice-président Mike Pence.

Les pays baltes très nerveux

Depuis l’annexion de la Crimée par la Russie en 2014, les pays baltes sont de plus en plus nerveux à l’égard de la Russie. Selon Mme Kaljulaid, les pays occidentaux sont responsables pour partie de cet état de choses : "Cela a commencé avec la Géorgie en 2008. Notre réaction à l’occupation partielle de la Géorgie a été faible, et rapidement, nous sommes retombés dans notre routine. C’est une des raisons pour lesquelles ce qui s’est passé en Crimée a pu se produire, la Russie a méjugé ce qui se produirait, ce que serait la réaction. Nous nous sommes ressaisis et avons stoppé l’avalanche".

Selon la présidente estonienne, l’Occident devrait désormais démontrer une "patience stratégique", associant des sanctions économiques durables contre la Russie, et peut-être une expansion à ses dépens.

De nouvelles manœuvres en mer Baltique

La Russie a débuté mercredi de nouvelles manœuvres militaires de grande ampleur en mer Baltique, visant à tester sa défense anti-missiles, et impliquant des tirs réels de missiles. C’est la première fois que des tirs réels sont lancés dans la zone économique exclusive lettone sur la mer Baltique. La Russie a aussi demandé à la Lettonie de fermer une partie de son espace aérien pendant 3 jours.

Riga a dénoncé une "démonstration de force". La Suède et les autres pays baltes sont aussi très inquiets.

Selon Mme Kaljulaid, il faut y voir des "représailles après Salisbury", la ville du Royaume-Uni où un ex-espion russe et sa fille ont été victimes d’une tentative d’empoisonnement. Le Royaume-Uni a accusé les Russes d’en être à l’origine, ce qui a déclenché une montée des tensions entre la Russie et l’Occident. Au total, le Royaume-Uni et ses alliés ont procédé à l’expulsion de plus de 150 diplomates russes de leurs territoires. 

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