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Des députés français veulent obliger les restaurateurs à disposer de doggy bags

Le gaspillage: l'une des calamités de notre monde industrialisé. Chaque années, des milliards de tonnes de nourritures sont jetés. C'est particulièrement vrai au restaurant, on y jette beaucoup plus de nourriture qu'à la maison. C'est pourquoi des députés français ont proposé d'obliger les resto à proposer des doggy bags, pour ramener chez soi la bouffe excédentaire. Mais ça nécessitera un changement des mentalités.

Vous vennez de déguster un plat savoureux. Mais pas possible d'en venir à bout, vous vous êtes sans doute goinfré de pain avant de commencer ou votre entrée était tout simplement trop copieuse. Pas de souci: vous allez pouvoir reprendre les restes dans un doggy bag. Ce réflexe, peu de gens l'ont finalement. Par manque d'habitude, mais aussi car la plupart des restaurants n'en proposent pas.

C'est pourquoi plusieurs députés français ont déposé un amendement au sein de la commission développement durable de l'Assemblée. Il veut obliger les restaurateurs à disposer de doggy bags pour leurs clients. Car au resto, les pertes de nourritures sont cinq fois plus importantes qu'à la maison, fait remarquer Le Parisien qui a découvert le projet d'amendement.

Les restaurateurs ne sont pas chauds

Mais il y a un souci: les restaurateurs n'apprécient pas trop qu'on leur force la main: "Ce n’est pas très judicieux de vouloir contraindre de manière réglementaire l’ensemble de la profession à acheter des doggy bags d’autant que c’est une pratique anglo-saxonne qui n’est pas vraiment dans la culture française", estime Hubert Jean, président de la branche restauration au sein de l’Union des métiers et des industries de l’hôtellerie (UMIH).

Côté pour, les élus expliquent que "le but est de généraliser une pratique existante et de réduire par deux le gaspillage alimentaire d’ici 2025". Il ne faut toutefois pas négliger le "frein psychologique" qu'il existe dans notre culture en France comme en Belgique, comme l'explique, toujours pour Le Parisien, la députée LREM de Haute-Marne Bérangère Abba. Il y a une certaine gêne à demander des restes parce qu'on croit que ça embête le restaurateur ou tout simplement par peur de passer pour quelqu'un qui n'est pas capable de s'acheter à manger.

Et chez nous?

En Belgique, le gaspillage alimentaire est aussi un énorme problème. En 2010, l'Union des classes moyennes (UCM) tirait également la sonnette d'alarme dans son rapport. Un restaurateur hennuyer avait dans ce cadre participé à une exprérience: sur 10.563 couverts à servir, 3,67 tonnes de déchets non-triés ont été produits, soit une moyenne de près de 350 grammes de déchets par couvert servi (tous déchets confondus). De manière générale, on peut dire que le Belge est un gros gaspilleur. Le 2e pire élève de la classe européenne même avec 347kg de gaspillage de nourriture par an.

Au niveau mondial, "un tiers de notre empreinte écologique est lié à notre alimentation. Un tiers de la production alimentaire destinée à la consommation humaine dans le monde est perdu ou gaspillé, atteignant environ 1,3 milliard de tonnes par an", expliquait l'UCM.

Aujourd'hui, les initiatives pour y remédier s'accumulent. L'exemple le plus récent en Belgique est l'arrivée sur le marché de l'application Too Good To Go. Elle propose aux commerçants de vendre leurs invendus à prix réduit. L'application a déjà fait ses preuves au Danemark où elle est née, mais aussi en France justement, en Allemagne, au Pays-Bas et en Grande-Bretagne.

Mais au-delà de ces initiatives, ce sont nos habitudes qu'il faut changer. Car n'est tout simplement plus possible de gaspiller autant.

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