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87 millions d'utilisateurs dont 61.000 Belges: le scandale Cambridge Analytica dévoile ses chiffres

Ce n'est pas 50 mais 87 millions millions d'utilisateurs dont les données ont été usurpées par la société Cambridge Analytica. Quelque 61.000 Belges seraient concernés. Mark Zuckerberg, grand patron de Facebook, a donné une rare conférence de presse dans laquelle il fait son mea culpa. Il promet d'arranger les failles dans la sécurité mais ne compte absolument pas démissionner.

La société Cambridge Analytica a récolté les données de quelque 87 millions d'utilisateurs Facebook. L'accès s'est fait via un questionnaire psychologique adressé à 270.000 personnes. Le souci, c'est que ce questionnaire a permis aussi, via des applications autorisées, d'accéder aux données des amis, ce qui donne un chiffre exponentiel, loin des 50 millions annoncé dans un premier temps.

La plupart des utilisateurs concernés sont américains (70 millions) mais on retrouve "probablement" 61.000 Belges, a annoncé la porte-parole de Facebook Benelux, Tineke Meijerman, à Belga. Ça fait beaucoup en comparaison des 210.000 Français ou des 310.000 Allemands. Mais on reste loin des Philippins (1,2 million), des Indonésiens (1 million) ou des Britanniques (1 million).

Notez qu'à partir de lundi, un outil sera mis en place pour permettre à chacun de savoir si ses données ont été capturées.

"C'est complexe"

Face à l'ampleur d'un tel scandale, Mark Zuckerberg a donné une rare conférence de presse d'environ une heure. Il s'est montré plus consensuel que jamais, c'est dire. Le milliardaire était dans ses petits souliers. Il a fait son mea culpa portant toute la responsabilité du scandale.

Mark Zuckerberg a reconnu les failles de son réseau social, prenant l'exemple de l'ingérence russe: "Nous faisions de la sécurité à l’ancienne et nous n’avions pas réalisé tout cela. Nous avons une responsabilité bien plus large. J’aimerais claquer des doigts et vous dire que dans 3 mois nous aurions réglé tous ces problèmes. Mais c’est complexe."

La protection des données est en effet un combat de longue haleine. Face à des États avec des appareils de propagande bien rodés, Facebook doit anticiper le pire, note Numerama qui assistait à la conférence de presse. C'est ce à quoi le réseau social s'atèle actuellement, et cela crée quelques soucis d'accès

My Tinder Tweetdeck column is full of people freaking because Facebook's privacy changes appear to have somehow goofed up Tinder and now how will people ever have sex again!!! pic.twitter.com/FJZ6XxvizX

— Madison Malone Kircher (@4evrmalone) 4 avril 2018 ">comme certains ont pu s'en apercevoir sur Tinder.

Le RGPD européen est "très positif"

Autre info importante: Mark Zuckerberg s'est dit en faveur du RGPD européen qu'il a qualifié de "très positif". Le Règlement général sur la protection des données a été adopté en avril 2016 et sera applicable dès le mois de mai prochain dans les 28 États de l'UE. Il harmonise donc la législation européenne en matière de protection des données ou il accorde, par exemple, le fameux droit à l'oubli. Même s'il a promis que "que les changements dans la confidentialité que nous allons déployer ne concernent pas que l'Europe.

Reste que Mark Zuckerberg qui reconnait que "personne n'est parfait", n'a pas l'intention de virer qui que ce soit au sein de sa boîte. Pas même lui. Un journaliste a pourtant évoqué la question en conférence de presse. A la question de savoir si cela avait été évoqué en Conseil d'administration, Mark Zuckerberg a répondu, après un long silence, "pas que je sache".

Mark Zuckerberg ne s'inquiète pas non plus outre mesure pour l'avenir de son bébé. Il a affirmé que la campagne #DeleteFacebook n'a pas eu d'impact sur l'utilisation réelle du réseau social. Idéaliste et optimiste, le milliardaire a conclut en disant qu'il ne voulait pas "que les gens n'aiment pas utiliser ses produits. Reste à savoir si les nouvelles mesures de sécurité et de préservation des données auront un impact sur les revenus de l'entreprise. En songeant par exemple à la publicité ciblée qui pourrait être remise en cause.

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