A file picture dated 14 January 2011 of a teller counting US and Chinese currency at a branch of Huaxia Bank in Shenyang, northeast China.

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Economie

2018: l'année où le yuan pourrait ravir sa suprématie au dollar

La Chine est passée en quelques décennies d’une société largement agricole à une nation industrielle, pour devenir la seconde plus grande puissance du monde, derrière les États-Unis. Mais le président chinois Xi Jinping ambitionne bien plus. Et pour permettre à la Chine de ravir sa première place aux États-Unis, il faudrait que le yuan s’impose comme la devise dominante du monde.

C'est ce que spécule Jeffrey Moore, senior analyst chez Global Risk Insights. Il affirme qu'en 2018, la Chine pourrait imposer sa monnaie pour qu’elle supplante le dollar comme monnaie de référence internationale. Le yuan (aussi appelé renminbi) remplacerait alors le dollar dans la plupart des transactions portant sur les matières premières. En effet, les importations de pétrole de la Chine représentent 12 % du total mondial, ce qui fait d’elle le plus gros importateur du monde de pétrole. Elle importe aussi plus de la moitié de l’aluminium produit sur la planète, et presque la moitié de l’acier et du cuivre. Cela lui confère un énorme pouvoir pour imposer sa monnaie.

Un tel scénario aurait une influence sur près de 40 % de la production mondiale de pétrole. Ainsi, si la Chine imposait le yuan pour payer ses achats de pétrole. elle éviterait l’emploi de 876 milliards de dollars, ce qui mènerait à une dévaluation massive du dollar.

La suprématie du dollar

64 % des réserves en devises des banques centrales mondiales sont constituées de dollars. Plus de 85 % des transactions des marchés des changes mondiaux portent sur le dollar; de même, 39 % de toutes les dettes émises le sont en dollars. À cela, il faut ajouter le fait que plus d’un tiers du PIB mondial provient de pays dont les devises sont indexées au dollar. En conséquence, une dévaluation massive du dollar serait une véritable catastrophe. Elle provoquerait une gigantesque inflation aux USA, ébranlerait les marchés de la dette tout autour du monde.

Le yuan gagne du terrain

Ces dernières années, le yuan a gagné de l’importance. Il est devenu une monnaie de référence pour le fonds monétaire international (FMI), qui l'a inclus dans le panier des droits de tirages spéciaux (DTS) aux côtés du dollar, de l’euro, de la livre sterling et du yen. La Chine a déjà manifesté qu’elle souhaitait développer l’usage du yuan dans les transactions internationales. Depuis plusieurs années, le pays conclut des accords avec ses partenaires commerciaux pour effectuer les paiements de ses échanges bilatéraux en yuan. Au mois de juillet dernier, la Chine a proposé de régler son pétrole à l’Arabie Saoudite en yuans. Même si l'Empire du Milieu a réduit la part de l’Arabie Saoudite dans son approvisionnement en or noir, elle demeure le principal acheteur de ce pays, ce qui ne laisse guère de choix à ce dernier.

Une transition graduelle... pour l'instant

Cette disruption semble progresser graduellement pour le moment. Mais selon certains experts, une transition du dollar au yuan pourrait être extrêmement rapide, éventuellement du jour au lendemain, si elle survient à la suite de chocs géopolitiques.

A la fin de l'année dernière, la banque danoise Saxo Bank a publié comme à son habitude une liste de 10 prédictions "scandaleuses" pour l’année à venir, c'est à dire des 10 cygnes noirs qui pourraient selon elle se produire en 2018. Les "cygnes noirs" (‘Black Swans’), sont des événements extrêmes qui surprennent et ont un impact majeur, puis sont rationalisés par des explications a posteriori.

Elle avait notamment prédit que la Chine pourrait déployer un '"petro-renminbi", c'est à dire, que la Bourse Internationale de l’Energie à Shanghai pourrait décider de régler toutes ses importations de pétrole avec des contrats à terme basés en yuan, et non plus en dollars. 

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