Hungarian Prime Minister Viktor Orban delivers his annual 'State of Hungary' speech in Budapest, Hungary, 18 February 2018.

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Politique

Le Premier ministre hongrois Viktor Orban appelle à la création d'une alliance internationale contre l'immigration

Lors d’un discours qu’il a donné dimanche, le  Premier ministre hongrois Viktor Orban a exhorté à la création d’une alliance internationale contre la migration. Il est également revenu sur son thème récurrent de “l’islamisation de l’Europe occidentale”.

Avec l’immigration de masse, en particulier en provenance de l’Afrique, "nos pires cauchemars deviennent réalité. L’Occident chute et ne se rend même pas compte que l’Europe est envahie”, a déclaré Orban.

Le Premier ministre hongrois a expliqué que l’Europe “se fissurait” entre les nations de l’Est et les nations de l’Ouest. En effet, comme l’Europe de l’Ouest veut que l’Europe de l’Est fasse la même chose qu’elle, les deux régions sont vouées à s’opposer. « Aussi absurde que cela semble, le danger auquel nous sommes maintenant confrontés vient de l’Ouest, de politiciens de Bruxelles, de Berlin et de Paris. Bien sûr, nous allons nous battre, et utiliser des outils légaux toujours plus forts", a dit Orban.

Une alliance contre la migration

Le Premier hongrois a également accusé une nouvelle fois le financier américano-hongrois George Soros de comploter pour pour que l’immigration déferle sur l’Europe et qu'elle affaiblisse son intégrité culturelle et économique. “Nous ne sommes pas les seuls que Soros tente d’entraver, car il a aussi contrarié l’Angleterre, le président Trump et Israël. Partout où il voudrait que la migration soit acceptée. Cela ne marchera pas. Nous ne sommes pas seuls et nous nous battrons ensemble… et nous réussirons.”

Il a également associé à sa croisade les pays du Visegrad (la Slovaquie, la République tchèque, et la Pologne), mais aussi l’Italie, pour laquelle il prédit qu’une victoire du parti de Silvio Berlusconi aux élections du 4 mars prochain pourrait renforcer le nationalisme.

"Nous sommes de ceux qui pensent que le dernier espoir de l’Europe est la Chrétienté", a déclaré Orban. "Si les choses continuent ainsi, les grandes villes d’Europe seront à majorité musulmane. (…) Notre culture, notre identité, nos nations telles que nous les connaissons, si cela continue, cesseront d’exister. (…) La menace vient maintenant de l’Ouest".

Des élections prochainement en Hongrie

En Hongrie, des élections ont lieu le 8 avril prochain, et le parti de droite du Fidesz, auquel appartient Orban, semble destiné à les remporter pour la 3e fois consécutive. Dans son pays, le Premier ministre, qui a appliqué une politique que certains jugent autoritaire et nationaliste, est reconnu pour avoir relancé le pays, et contrôlé ses finances publiques.

Mais mais il s’oppose de plus en plus souvent avec ses collègues européens, notamment sur la question de l’immigration. Les tensions se sont particulièrement exacerbées depuis la crise de l’immigration en 2015, qui a vu l’arrivée de vastes flux de migrants en provenance du Moyen-Orient et de l’Afrique.

"Un grand classique"

"C’est devenu un classique, en huit ans de pouvoir", écrit le journal catholique français La Croix.. "Viktor Orban met en scène un monde d’hostilité au-delà des frontières. Les affiches placardées partout en Hongrie depuis la mi-janvier, sont sans doute les plus emblématiques, pour illustrer cette communication du péril. 'Soros s’apprête à installer des milliers (de migrants) d’Afrique et du Moyen-Orient. Stop Soros !', proclament-elles. (...)

'Ce n’est qu’un outil pour se maintenir au pouvoir. Orban ne croit pas une seconde en l’influence de George Soros', avertit le journaliste Andras Kosa, auteur d’un ouvrage intitulé Viktor Orban, l’homme du chaos".

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