Cover image

Orban : "Le mélange des cultures ne mène pas à une meilleure qualité de vie, mais à une qualité de vie moins bonne"

« Un grand nombre des champions de la migration pensent sincèrement que le mélange des cultures ouvre la voie vers le développement de l’humanité. Cela semble inspirant, mais cela va à l’encontre du bon sens. Accepter d’accueillir des personnes de cultures lointaines ne conduit pas à une belle vie, mais à des sociétés parallèles. Nous importerions la haine, l’antisémitisme, la fin de l’égalité entre les hommes et les femmes et la fin de la liberté religieuse ».




Cette déclaration, c’est celle que le Premier ministre hongrois Viktor Orban a faite la semaine dernière dans une interview donnée à la chaîne de télévision hongroise Echo T.V.

La question de l’accueil des migrants est devenue très sensible en Hongrie depuis le début de la cirse de la migration. La situation de la Hongrie à l’extrême ouest de l’Espace Schenghen en a fait un point de passage obligé pour les milliers de demandeurs d’asile provenant principalement de Syrie et d’Irak qui souhaitent s’établir en Europe. Confronté à un afflux massif de migrants, le pays a érigé une clôture sur toute la longueur de sa frontière avec la Serbie pour tenter de l’endiguer.

Le Premier ministre hongrois, comme ses homologues polonais, tchèque, et slovaque, est en rupture avec l’UE depuis que celle-ci a institué des quotas pour répartir les demandeurs d’asile sur les différents membres de l’UE en 2015. Ensemble, ils ont fondé le Visegrad 4, qui s’est refusé à appliquer cette règle des quotas obligatoires.

En conséquence, la Hongrie et la Pologne n’ont accueilli aucun migrant. La République Tchèque n’en a recueilli qu’une douzaine. En conséquence, la semaine dernière, la Commission a renvoyé ces 3 pays devant la Cour Européenne de Justice pour avoir refusé de s’exécuter.

Mais Orban a reçu cette semaine un soutien inattendu à Bruxelles. Le Guardian affirme en effet que Donald Tusk, le président du Conseil de l’UE, a proposé d’avoir un débat « ouvert et franc » sur la question des quotas obligatoires de réfugiés. Il envisage probablement de parvenir à leur abrogation. Tusk estime que ce système s’est avéré conflictuel et inefficace, et il devrait proposer le report du débat pour le faire inscrire dans la loi européenne.
« Le débat actuel dans l'UE revient à poser la question de la liberté, et à se demander si tous les pays devraient être obligés de devenir des pays d'immigration, ou s’ils peuvent conserver leur souveraineté pour dire non à cet avenir », a déclaré Orban. Selon le Premier hongrois, le Parlement européen est l’instance « la plus motivée politiquement de la machine de Bruxelles ».

« Si quelque chose se passe en Hongrie qui pourrait nuire aux intérêts des grandes puissances, des grandes entreprises ou de certaines personnes, le Parlement européen serait le premier à bondir pour attaquer notre pays ».

AFP PHOTO / ATTILA KISBENEDEK

Orban : « Soros veut créer une nouvelle Europe, mixte et ‘musulmanisée »


Orban a également fustigé une nouvelle fois George Soros, le philanthrope américain d'origine hongroise. Soros est depuis longtemps une cible d'Orban et de son gouvernement. Ce dernier veut   obtenir la fermeture définitive de la Central European University (CEU) que  Soros a fondée à  Budapest  en 1991. Une loi a été votée à cette fin en avril. Les opposants à la loi la qualifient d’attaque sur l’éducation gratuite, mais le gouvernement accuse Soros d’ingérence politique. «Les dirigeants européens et le milliardaire américano-hongrois George Soros veulent créer une nouvelle Europe, mixte et ‘musulmanisée», avait déclaré Orban en juillet de cette année.

« Les questions de l’Université (CEU), des pseudo- ONG et du programme de quotas de réfugiés conduisent toutes à Soros », a déclaré Orban. « Et les problèmes de ce dernier sont liés à la question del'immigration. Le CEU est la propriété de Soros, il finance et dirige les ONG et la migration fait partie de ce plan ».

Au cours de l’interview, Orban a brandi un document dont il a affirmé qu’il s’agissait du plan de Soros en six étapes pour créer une Europe multiculturelle. « Le gouvernement hongrois se bat contre un plan très réel », a-t-il asséné.
« Un fossé toujours grandissant se creuse entre ce que les peuples de l'Occident pensent de l’immigration et les actions de leurs dirigeants. Mais ce fossé ne pourra continuer de croître que jusqu'à un certain point. A ce moment-là, les gens mettront leurs dirigeants dehors. En fin de compte, la majorité partagera notre opinion ».

« La Hongrie doit apprendre des erreurs de l'Occident », a conclu Orban.
« Le mélange des cultures ne mène pas à une meilleure qualité de vie, mais à une qualité de vie moins bonne. Il faut prévenir cela, tant que nous pouvons encore le faire. »


Un cygne noir


La semaine dernière, et comme à son habitude, la banque danoise Saxo Bank a publié une liste de 10 prédictions « scandaleuses » pour l’année à venir. La Hongrie était concernée par l’une d’entre elle. La banque envisage que le pays puisse se réincarner en un empire austro-hongrois des temps modernes, qui menacerait de prendre le contrôle de l’Europe

Selon sa prédiction, la division entre les membres fondateurs de l’Europe et les nouveaux membres plus sceptiques deviendra insoluble en 2018. Le nouveau chancelier de l’Autriche décidera de rejoindre le groupe du Visegrad. Ce dernier adoptera un agenda pro-stimulus et anti-immigration. Il parviendra à convaincre d’autres pays membres, et rassemblera au final 13 membres dont l’Italie, à nouveau dirigée par Silvio Berlusconi.

Pour la première fois depuis 1951, le centre de gravité de l’Europe se déplacera de l’axe franco-allemand vers le groupe du Visegrad. Cela inquiétera les marchés financiers, ce qui affaiblira l’euro. Vers la fin de l’année 2018, la parité de la monnaie unique se rapprochera de celle du dollar.