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"L'homme qui a entubé tout un pays" va-t-il encore diriger l'Italie ?

Alors que des élections législatives auront lieu dans 4 mois en Italie, le parti de centre-droit Forza Italia est bien parti dans les sondages. Dans ce dernier, l’ex-premier ministre Silvio Berlusconi joue un rôle non négligeable. Le parti est crédité de 14 à 16 % des intentions de votes. C’est le mouvement 5 Etoiles de Beppe Grillo qui est en tête avec 26 à 28 % des suffrages. Le Partito Democratico (PD) de gauche de Matteo Renzi recueillerait quant à lui 24 à 25 % des voix.

Alors que des élections législatives auront lieu dans 4 mois en Italie, le parti de centre-droit Forza Italia est bien parti dans les sondages. Dans ce dernier, l’ex-premier ministre Silvio Berlusconi joue un rôle non négligeable. Le parti est crédité de 14 à 16 % des intentions de votes. C’est le mouvement 5 Etoiles de Beppe Grillo qui est en tête avec 26 à 28 % des suffrages. Le Partito Democratico (PD) de gauche de Matteo Renzi recueillerait quant à lui 24 à 25 % des voix.


Mais Berlusconi pourrait changer la donne s’il parvient à former une coalition avec les partis de la Lega Nord et Fratelli d’Italia (tous deux d’extrême droite). Ensemble, ils pourraient recueillir 34 à 36 % des voix. Mais former une telle coalition n’est pas si évident. Les dirigeants de Fratelli et de La Lega ne font pas confiance à l’ex-premier ministre. (Le dirigeant de La Lega, Matteo Salvini, exige que Berlusconi s’engage devant un notaire à ne pas conclure de coopération avec le centre-gauche après les élections).


Pourtant, « Il Cavaliere », qui est aujourd’hui âgé de 81 ans, travaille d’arrache-pied sur son retour en politique. ‘The man who screwed an entire country’ (« L’homme qui a entubé tout un pays »), comme l’avait surnommé The Economist, veut mettre en œuvre les réformes promises pour la première fois en 1994... Mais qu’il n’a jamais réalisées. Selon le magnat des médias désinvolte, les Italiens ont perdu la moitié de leur pouvoir d’achat avec l’euro. Il veut supprimer diverses taxes récentes, et en introduire une plus uniforme.

Inéligible ?


Berlusconi demeure très populaire et il remplit encore des salles partout où il se rend. De ce point de vue, il se compare à Donald Trump : tous deux savent ce que les gens veulent entendre et en jouent. De plus, l’ex-Premier ministre italien inspire l’optimisme et donne l’image d’un battant.

En outre, il est soutenu par de grandes figures : le CEO de Fiat Chrysler, Sergio Marchionne et Mario Draghi de la Banque Centrale Européenne. Les 2 hommes pourraient entrer dans un gouvernement dont il prendrait les rênes, et qui serait essentiellement composé de personnalités ne provenant pas du monde politique.

En 2013, Berlusconi a été condamné à 6 ans d’inéligibilité pour fraude fiscale, et exclu du Parlement. La Cour Européenne des Droits de l’homme examine la plainte que Berlusconi lui a soumise. Une décision devrait être prise sous quelques mois, mais probablement pas avant les élections de l’année prochaine. Mais le fait qu’il soit dans l’impossibilité d’occuper le poste de Premier ministre ne semble pas le déranger. « Je serai sur le terrain, en tant que capitaine, ou que coach », a-t-il dit la semaine dernière.

Une nouvelle enquête


L’adepte du « Bunga Bunga » est aussi au centre d’une enquête menée par des procureurs florentins concernant des attaques à la bombe de la mafia. Ces attentats, menés en 1993 à Rome, Milan et Florence, ont tué 10 personnes. Il est soupçonné d’avoir invité un chef maffieux à commettre des actes violents contre l’Etat pour servir ses ambitions politiques.

Renzi voit quant à lui que l’avenir s’annonce difficile, et plus tard cette semaine, il devrait annoncer une nouvelle coalition, avec le soutien d’une icône de gauche : Romano Prodi.